Demandeurs d'asile: la Belgique attire-t-elle les réfugiés?

La guerre au Moyen-Orient, les conflits en Afrique et les tyrannies aux quatre coins du monde génèrent des flux de réfugiés vers des territoires jugés plus démocratiques, plus sûrs et, surtout, plus paisibles. Mais la Belgique fait-elle partie des pays de premiers choix pour les demandeurs d’asile? Les derniers chiffres d’Eurostat fournissent la réponse: avec 2% des demandes, notre pays occupe la 8ème place européenne. Plus que la moyenne.

Durant le premier trimestre 2015, l’Union européenne a enregistrés 185 000 primo-demandeurs d’asile. Un terme barbare qui désigne toute personne introduisant, pour la première fois, une demande de protection internationale. Durant le premier trimestre de l’année, la moitié d’entre eux étaient Kosovars, Syriens ou Afghans. Un trimestre plus tard, le nombre des demandes avait crû de 15% et le trio de tête était cette fois composé des Syriens, Afghans et Albanais. Les Irakiens et Kosovars ne venaient qu’ensuite. Pour la Belgique, les pays d’origine des demandeurs sont la Syrie, la Somalie, l’Irak et l’Afghanistan.

Demandes d’asile : la Belgique en 8ème position

Au cours du premier trimestre, le plus grand nombre de demandes a, comme on le sait, été enregistré en Allemagne. Elle concentre à elle seule 40% de toutes les demandes d’asile au sein de l’Union, soit 73 100 primo-demandeurs en un trimestre.

La Hongrie en comptabilisait 18%, soit 32 800 demandes. Ensuite, les taux chutent fortement: 8% des demandes en Italie et en France, 6% en Suède, 5% en Autriche, 4% au Royaume-Uni. Loin derrière, la Belgique ferme la marche des principaux contributeurs avec près de 2%. Les autres pays européens accueillent, chacun, moins de 2% des demandeurs d’asile. C’est le cas de Bulgarie (1,7%), de la Grèce (1,4%), des Pays-Bas (1,3%) et de l’Espagne avec un petit 1,1%. D’autres flirtent avec le 0%.

Un élément marquant est l’évolution des choix de destination dans le temps. Par rapport au trimestre précédent (Q4 2014), les demandes d’asile sont en forte hausse en Allemagne, en République Tchèque, en Grèce, en Estonie, au Portugal, en Irlande en Hongrie et en Pologne. Ce qui devrait se confirmer lors des prochaines statistiques d’Eurostat. Dans le même temps, d’autres pays, voient les demandes fléchir. C’est principalement le cas au Danemark, en Croatie, en Lettonie, aux Pays-Bas, en Slovénie, en Suède et en Lituanie. Mais il s’agit de baisses remarquées durant les trois premiers mois de l’année. Des tendances très fluctuantes.

307 demandes par million d’habitants

Si la Belgique ne concentre sur son territoire que 2% des primo-demandes d’asiles, sa petite taille la situe dans la moyenne européenne en terme de concentration des demandes par million d’habitant. Le plus haut taux de concentration est atteint par la Hongrie avec 3322 demandes par million d’habitants, devant la Suède, l’Autriche et l’Allemagne qui tournent, toutes, autour de 1000 demandes par million d’habitants. La moyenne européenne étant de 365 demandes, la Belgique et ses 307 demandes (en hausse pour le 2ème trimestre) semble au milieu de la file, mais elle se fixe encore une fois en 8ème positions, certains pays totalisant moins de 50, voire moins de 10 demandes par million d’habitants. C'est le cas de la Croatie. Hors Union européenne, la Suisse accueille 507 demandes par million d’habitants.

L’Autriche devient la troisième destination des réfugiés

Des statistiques datant cette fois du 2ème trimestre 2015, il ressort que l’évolution du nombre de demandes d’asiles introduites est relativement stable pour l’Allemagne, l’Italie, la France et la Hongrie. Elle connaît en revanche une forte hausse en Autriche qui devient la 3ème destination des réfugiés. C’est également vrai, dans une moindre mesure pour la Suède. En Belgique, la croissance des demandes est relativement importante, puisqu’elle passe de 3590 demandes d’asiles durant le 1ier trimestre à 5050 pour le deuxième trimestre.

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Demandeurs d'asile: la Belgique attire-t-elle les réfugiés? © Tous droits réservés

Un demi-million de demandeurs d’asile dans l'attente

La photographie instantanée des arrivées de migrants et de réfugiés durant le premier trimestre 2015 ne prend en compte qu’une partie des réfugiés en attente d’asile.

Pour obtenir une vision plus précise de la situation, il faut encore y ajouter tous ceux qui ont déposé une demande d’asile antérieurement et sont toujours en attente d’une décision à leur égard. Eurostat désigne l’ensemble de ces dossiers "en instance" comme le "stock" des demandes pour lesquels une décision n’a pas encore été prise. L’augmentation des demandes en instance est surtout marquante depuis juillet 2014, lorsqu’elles se stabilisaient à 35 000 demandes en fin du mois. Depuis, le "stock" évoqué par Eurostat atteint près de 52 000 demandes en attente pour le seul mois de mars 2015.

Avec un total de 260 300 demandes en instance à la fin mars 2015 (soit 49% du total de l’UE), l’Allemagne totalisait de loin la concentration la plus importante de candidats réfugiés dans l’UE, devant la Suède (54 400, 10%), l’Italie (47 500, 9%), la France (37 900, 7%), la Grèce (30 100, 6%) et le Royaume-Uni (29 800, 6%).

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Les 6 Pays où se concentrent 50% de toutes les demandes d’asile (primo-demandeurs, et demandes en attente d'une décision). © Tous droits réservés

48% de rejets en Belgique

Durant le deuxième trimestre 2015, les pays de l’Union européenne ont remis 117 800 décisions sur des primo-demandes. 46% ont été positives. Les pays les plus rapides à prendre leurs décisions sont l’Allemagne (46 100), la France (19 400), l’Italie (13 800) et la Suède (10 100).  C’est la France qui rejette le plus de dossiers (75%), suivie par la Grande-Bretagne (60%) et l’Allemagne (57%). Au niveau européen, les réponses ont été positives pour 96% des Syriens, 84% des Érythréens et 70% des Irakiens . Seuls 2% des Kosovars, 4% des Albanais et 1% des Serbes ont reçu une réponse positive.

En Belgique, durant le 2ème trimestre, 4700 décisions ont été rendues. 48% étaient des rejets, 44% des octrois de statut de réfugié politique et 8% des octrois de protection subsidiaires.

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