Bart De Wever souhaiterait que les réfugiés aient moins de droits

Le gouvernement fédéral fera sa rentrée ce vendredi lors de son premier conseil des ministres. Un point brûlant sera à l'ordre du jour: l'accueil des demandeurs d'asile. Il s'agit pour l'équipe de Charles Michel de penser une véritable politique d'accueil pour toutes ces personnes afin de se conformer aux obligations issues du droit européen et international.

Et dans ce dossier, Bart De Wever, le président de la N-VA, plus important parti du gouvernement fédéral, a fait savoir qu'il voulait l'instauration d'un statut spécial pour les réfugiés. Les réfugiés reconnus en Belgique n'auraient ainsi pas accès à tous les droits sociaux auxquels les autres citoyens ont accès. Bart De Wever a fait cette proposition lors de l'émission Terzake sur la VRT.

"Dès que quelqu'un est reconnu comme réfugié, il reçoit une indemnité, peut demander une habitation sociale et reçoit des allocations familiales. C'est difficilement explicable aux gens qui ont contribué toute leur vie au système", a expliqué M. De Wever.

"L'Europe doit proposer une autre approche car sinon..."

"Je pense donc qu'il faut penser à un statut spécial pour les réfugiés reconnus". Actuellement, l'Union européenne interdit l'attribution d'un statut spécial, a encore expliqué le président des nationalistes flamands.

Bart De Wever est prudent. Il ne se risque pas à donner plus de contenu à ce statut qu'il appelle de ses voeux.

Un statut spécial pour les réfugiés, ce n'est pas possible au regard du droit européen. Alors, comment le patron de la N-VA argumente-t-il face à l'Europe ?

Il a choisi une image: la cave. La cave européenne est inondée, dit-il, par le flux des réfugiés. Et pour Bart De Wever, certains pays écopent plus que d'autres. Ils descendent avec des seaux pour tenter de gérer l'inondation pour tenter d’écoper donc. Cela alors que d'autres pays resteraient plus ou moins au sec comme le Portugal ou la République Tchèque, des pays qui accueillent très peu de réfugiés. Pour le président de la N-VA, il faut une meilleure répartition.

En outre Bart De Wever s'en prend aussi aux pays qui laissent passer les réfugiés. Il cite la Grèce; Pour lui, il faut surveiller les frontières extérieures de l'Union et contrôler la répartition des réfugiés dès la frontière.

Retour au contrôle national des frontières? C'est impossible, Bart De Wever le sait mais veut rassurer son électorat

"C'est une crise de l'accueil qui demande une politique humanitaire coordonnée correcte pour que tout le monde puisse prendre ses responsabilités. Je vous dis pour l'instant: cela n'existe pas. L'Union Européenne devrait le faire. Si elle ne le fait pas, je pense que certains Etats demanderont de contrôler alors eux-mêmes leurs frontières. Cela sera inéluctable", estime le président du parti nationaliste flamand.

Inéluctable? C'est surtout impossible en vertu des règles européennes. Bart De Wever doit sans doute le savoir. Mais c'est une manière de rassurer une partie de son électorat N-VA.

Certains de ces électeurs ne voient pas la politique d'accueil d'un très bon œil et ils critiquent vertement l'attitude du Secrétaire d'État à l'Asile et aux Migrations, Theo Francken, lui aussi N-VA. Ce dernier se débat pour gérer l'accueil de milliers de migrants (et ainsi simplement respecter les engagements internationaux auxquels la Belgique est tenue).

Il faut donc donner des garanties à tout le monde, à tout le monde N-VA, de la cave au grenier.

Bart De Wever est aussi favorable à une autre politique d'asile européenne.

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