Réfugiés à Bruxelles: "Jamais je n'aurais imaginé un camp en Belgique"

"En général, la Belgique offre d’autres solution, c'est à dire de l’accueil professionnel, comme on en trouve en Europe."
"En général, la Belgique offre d’autres solution, c'est à dire de l’accueil professionnel, comme on en trouve en Europe." - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Alors que le nombre de candidats réfugiés arrivant à Bruxelles ne diminue pas, les bénévoles s’organisent au parc Maximilien. Des centaines de tentes y accueillent toujours les nouveaux arrivants en attente d'être reçus par les fonctionnaires de l'Office des étrangers.


Contrairement aux premiers jours, les bonnes volontés sont réparties de façon plus cohérente, et se retrouvent essentiellement au sein d'une plateforme, la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés.

Sa porte parole, Elodie Francart, était au micro de Matin première, ce mercredi. "On a voulu faire participer tout le monde. On a des équipes de traducteurs, on a fait un point d’accueil des citoyens pour passer l’info sur les besoins, ..." Si les flux sont variables, entre 600 et 800 personnes sont présentes tous les jours, estime-t-elle.

"La première fois de ma vie que je vois ça"

Sur place, Jean Pletinckx est également présent, "pour aider", depuis quelques jours. Coopérant expérimenté, il a déjà travaillé dans la gestion de camps de réfugiés, au Kivu par exemple. Également interrogé sur antenne, il fait part de son grand étonnement: "C'est la première fois dans ma vie que je vois ça, jamais je n'aurais imaginé un camp en Belgique. C'est une situation totalement inadaptée, ici au centre de Bruxelles."

"Ce camp n’est pas organisé comme un camp où c’est LA solution. Ça me rappelle Johannesburg au moment des événements xénophobes. C’est une situation qui n'est pas gérable. On ne pourra jamais atteindre un certain niveau de qualité en gestion de camp ici, ce n'est pas acceptable, ajoute-t-il. Ici, l’autogestion, est certes impressionnante, mais cela a des limites. Il est difficile d’organiser une vie collective dans un camp. En général, la Belgique offre d’autres solutions, c'est à dire de l’accueil professionnel, comme on en trouve en Europe."

Je suis outré par la réponse faite par le gouvernement

Pour les bénévoles, ce n'est pas étonnant que les réfugiés ne se précipitent pas dans le bâtiment mis à disposition par le fédéral: "Les lits sont des lits basiques, sans nourriture, sans sanitaires etc… Il ne fallait pas à s'attendre à autre chose."

"Responsabilité des autorités fédérales et régionales"

"Je pense que c'est de la responsabilité de l’État de fournir un accueil, ajoute Elodie Francart. Nous faisons en sorte que le quotidien ne soit pas aussi pénible que ce qu’ils ont déjà vécu. Le politique doit prendre sa responsabilité tant au niveau fédéral qu’au niveau régional."

Pour Jean Pletinckx, la situation est simplement inadmissible: "On est dans la capitale européenne, à quelques minutes des institutions européennes, on ne peut pas répondre par simplement un dortoir. L’État fédéral doit faire un effort, il doit considérer le vécu de ces personnes  et doit mettre des solutions correspondantes en place."

"Je suis outré par la réponse faite par le gouvernement", conclut-il.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK