Asile et migration en Europe : les Verts/ALE proposent un système d'asile solidaire abandonnant le règlement de Dublin

Saskia Bricmont dans le Grand Oral de La Première.
Saskia Bricmont dans le Grand Oral de La Première. - © RTBF

Le groupe des Verts/ALE du Parlement européen a présenté mardi sa propre vision d’une nouvelle politique européenne de l’asile, avec un mécanisme de répartition de la prise en charge des demandeurs d’asile à travers les Etats membres, abandonnant la controversée règle de la responsabilité du pays de première entrée (règlement de Dublin).

Cette proposition intervient alors que l’Europe attend dans les prochaines semaines le projet de la commissaire Ylva Johansson, chargée du développement d’un nouveau pacte européen de migration et d’asile à l’issue d’une tournée des 27 capitales. Si beaucoup s’accordent à dire qu’une réforme de l’asile au niveau européen est nécessaire, les Etats membres se sont jusqu’ici montrés incapables d’adopter un mécanisme structurel et à long terme de répartition des migrants arrivés aux frontières et sur les côtes du continent, malgré les appels de pays comme la Grèce et l’Italie.


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Dans la proposition des Verts, portée entre autres par l’eurodéputée belge Saskia Bricmont, le premier contact aux frontières se ferait via des centres communs d’enregistrement, mais la suite (traitement de la demande d’asile, accueil, etc.) serait transférée, le plus rapidement possible, à un Etat membre. Les migrants "seront interrogés rapidement après leur arrivée afin d’identifier leurs besoins spécifiques et de déterminer l’État membre responsable de leur demande, en tenant compte des préférences et liens existants des demandeurs d’asile".

Pour s’assurer le plus possible d’une collaboration volontaire des Etats membres, l’intégralité des coûts de l’accueil des demandeurs d’asile seraient supportés par l’Union européenne. "De nombreuses municipalités et régions d’Europe se sont dites favorables à accueillir des demandeurs d’asile", constatent les Verts. "Nous prenons cela comme fondement pour un système de répartition solidaire qui repose sur des incitations positives".

Dans le cas où cet engagement volontaire n’est pas suffisant, "tous les États membres seront tenus de faire preuve de solidarité, sans toutefois être forcés à accueillir des demandeurs d’asile". En effet, chaque capitale pourra à ce stade choisir de plutôt contribuer financièrement.