Accord sur la répartition de 120 000 réfugiés, quatre pays s'y opposent

La Belgique était représentée par Theo Francken
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La Belgique était représentée par Theo Francken - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Les ministres européens de l'Intérieur ont approuvé mardi à Bruxelles, lors d'un rare vote à la majorité qualifiée dans ce genre de matière, le plan de relocalisation de 120 000 réfugiés et migrants, révélant une fracture entre la "Vieille Europe" et certains des nouveaux États membres est-européens, bien que la décision s'appliquera en principe aux 28 pays.

"La décision sur la relocalisation de 120 000 personnes a été adoptée par une très, très large majorité" d’États membres, "au- delà de celle qui est prévue dans les traités", faute de consensus, a annoncé le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères - qui a aussi l'Asile et la Migration dans ses compétences -, Jean Asselborn.

Quatre pays d'Europe de l'est (Roumanie, République tchèque, Slovaquie et Hongrie) se sont opposés à la proposition de compromis sur la table à propos de la répartition de 120 000 réfugiés arrivés en Grèce, en Italie et en Hongrie, lors de ce vote à la majorité qualifiée entre ministres européens de l'Intérieur, face à une crise migratoire sans précédent.

La Finlande s'est pour sa part abstenue, a-t-on précisé de source belge.

Plus de quota

"Nous avons eu un vote, conforme au traité" qui régit le fonctionnement de l'Union européenne, a ajouté Jean Asselborn, au nom de la présidence tournante de l'UE, expliquant que les chiffres du nombre de personnes à accueillir par pays "sur une base volontaire" avaient été "légèrement adaptés" par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne sans qu'il ne soit plus question de "quotas".

Car la décision de mardi s'appliquera à tous les États membres, y compris la Hongrie, qui était très réticente, a souligné le chef de la diplomatie grand-ducale. "Chaque pays doit accepter le nombre (de demandeurs d'asile) qui lui a été attribué. Aucun État n'a le droit de refuser, a-t-il renchéri en faisant valoir l''urgence' et la 'solidarité', non seulement entre pays européens, mais envers les personnes en situation de détresse.

"Je ne doute pas qu'ils (ces quatre pays) mettront les décisions pleinement en œuvre comme ils ont l'habitude de le faire, comme nous tous, dans le plein respect du droit communautaire", a-t-il lancé.

Hotspots

Jean Asselborn a assuré que cet instrument permettant de relocaliser 120 000 réfugiés "pourra maintenant être très rapidement mis en œuvre" avec l'aide de la Commission européenne, notamment pour l'installation de "hotspots" (les premiers centres d'enregistrement des migrants arrivant aux frontières extérieures de l'UE) en Italie et en Grèce.

31 000 réfugiés seront accueillis en Allemagne, a indiqué mardi soir le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

Pour la Belgique, le nombre devrait être de 4450 personnes, alors que la proposition initiale de la Commission portait sur 4564, après que la répartition se soit finalement imposée à tous les États membres.

La réunion ministérielle de Bruxelles sera suivie ce mercredi d'un sommet extraordinaire des chefs d’État ou de gouvernement, concentré notamment sur l'aide à apporter aux pays tiers pour endiguer le flux de demandeurs d'asile, et qualifié de "dernière chance" par le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

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