Baromètre: 72% des Belges veulent réduire voire stopper l'accueil de réfugiés

Depuis le début de l'année, plus de 31 000 personnes ont demandé l'asile en Belgique – en majorité des Syriens, des Afghans et des Irakiens. C'est presque 2 fois plus qu'en 2014. Une situation dont les Belges sont bien conscients : 92% affirment avoir remarqué cette tendance à la hausse.

Sentiment négatif

Mais qu'en pensent-ils ? 53% des sondés ont un sentiment assez négatif voire très négatif par rapport à l'accueil de réfugiés sur le sol belge. 14% en ont un sentiment assez positif voire très positif. Pour 34%, ce n'est ni positif ni négatif. Mais lorsqu'on leur demande quelle attitude la Belgique doit désormais adopter, ils sont 72% à vouloir réduire voire stopper totalement l'accueil de réfugiés. Seuls 19% sont satisfaits de la politique actuelle; 4% pensent qu'il faudrait en accueillir encore davantage.

Estimations erronées

Dans les trois-quarts des cas, le Belge est pourtant incapable d'estimer correctement le nombre de réfugiés qui demandent l'asile dans notre pays depuis le mois de septembre 2015 (5512 en septembre, 4810 en octobre et 4199 en novembre). 48% sous-estiment ce chiffre et pensent que la Belgique en a accueilli moins de 2000 par mois. 20% avoue ne pas savoir, 18% pense qu'ils sont entre 5000 et 20 000. Quant à l'éventualité d'accueillir un réfugié chez soi, la levée de bouclier est très nette : 84% ne le feraient probablement voire certainement pas; 10% l'envisageraient.

Impacts négatifs...

Quelle que soit leur opinion, les sondés estiment que cette arrivée de réfugiés aura des impacts négatifs, principalement au niveau économique et culturel. Cela va coûter trop cher à la Belgique (47%), ces ressources ne seront pas affectées à des investissements utiles aux Belges (37%), les réfugiés risquent d'imposer leur culture (44%), cela risque de diluer la culture nationale (30%), sans oublier "les risques de délinquance et de criminalité" (42%).

...mais aussi positifs

Si 35% des sondés estiment que l'accueil des réfugiés n'aura "aucun impact positif", un quart des sondés pense que la migration est un processus normal, qui existe depuis la nuit des temps. 20% reconnaissent que les réfugiés occupent souvent des emplois peu qualifiés dont les Belges ne veulent pas et un Belge sur dix estime qu'ils constituent une solution au problème de vieillissement, que cela va relancer la croissance ou encore que ce sont des gens dont la Belgique a besoin.

Des cours pour réussir l'intégration

Pour harmoniser l'accueil, les sondés sont par contre nombreux à se montrer favorables à des mesures d'accompagnement des réfugiés : des cours de langue (62%), un parcours d'intégration (52%), des cours de citoyenneté (43%), ou encore des cours d'alphabétisation (30%). Par contre, seuls 15% soutiennent le pré-accueil organisé à Bruxelles à quelques pas de l'Office des Étrangers, dans le bâtiment WTC3.

De ce sondage, il ressort que Bruxelles est la Région la plus ouverte aux réfugiés. C'est aussi la région la plus multiculturelle... ce n'est sans doute pas un hasard.

Méthodologie : Ce sondage a été effectué par Internet, du jeudi 3 au lundi 7 décembre 2015, sur un échantillon strictement représentatif de 2.811 électeurs belges. Les enquêtes ont été réalisées dans chacune des 3 régions de Belgique: 990 en Flandre,911 à Bruxelles (19 communes), 910 en Wallonie. La marge d’erreur maximale (c’est-à-dire pour des fréquences observées proches de 50%) est de ± 3,2 % sur les échantillons de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre et de ± 1,8 % sur l’échantillon total.

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