56 centres d'accueil de demandeurs d'asile en Belgique: comment ça marche? (cartes)

Au 15 septembre 2015, Fedasil gérait 56 centres d'accueil pour demandeurs d’asile. Des chiffres qui pourraient considérablement évoluer d’ici la fin de l’année, lorsque ces centres recevront, sans doute, près de 24 000 des 36 000 demandeurs d’asile alors présents sur notre territoire. Soit 10 000 de plus qu’aujourd’hui.

Fedasil (Agence Fédérale pour l'Accueil des Demandeurs d'Asile) gère en propre 18 de ces 56 centres. Les autres sont pris en charge par des "partenaires". Principalement la Croix-Rouge et son pendant flamand Rode Kruis qui, à eux seuls, disposent d’un parc de 36 centres répartis sur le territoire. D’autres s’ouvriront dans les prochains jours.

Dans les faits, les centres sont principalement des anciennes casernes, des internats, hôpitaux ou bâtiments préfabriqués. Le plus importants d’entre eux est le Petit Château de Bruxelles (ancienne caserne de sélection des jeunes pour le service militaire obligatoire) qui compte près de 850 places.

Lorsqu’ils y sont accueillis, les demandeurs d’asile reçoivent le gîte et le couvert, mais les résidents assurent l’entretien de leur chambre et lavent eux-mêmes leurs vêtements.

Dans tous les cas, il s’agit de centres 'ouverts' dont les résidents sont libres d'aller et venir. Ils sont soumis à un règlement d’ordre intérieur qui doit faciliter la vie en commun de personnes appartenant à des cultures différentes. Aujourd’hui, les trois nationalités les plus représentées proviennent de Syrie, l’Irak et l’Afghanistan.

A l’inverse, les centres fermés ne sont pas gérés par Fedasil, mais par l’Office des Étrangers et ne concernent pas les réfugiés en demande d’asile, mais bien des étrangers en séjour illégal.

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56 centres d'accueil de demandeurs d'asile en Belgique: comment ça marche? © RTBF

Les services collectifs proposés par les centres

Les centres un ensemble de services collectifs. A commencer par une assistance sociale chargée de fournir, notamment, les informations sur la procédure d'asile et l’analyse de la décision prise par le Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides (CGRA). Dans le cadre de l’accompagnement juridique, l'assistant social met le demandeur d'asile en contact avec un avocat. Une assistance linguistique peut en outre être obtenue gratuitement pour les demandeurs ne parlant aucune des trois langues nationales.

S’ajoute encore l’accompagnement médical et psychologique pour le traitement des problèmes psychiques liés aux traumatismes de guerre et au stress. Diverses activités sont également organisées dans les centres (cours, bibliothèque, sport et espace internet).

Obligation scolaire

Dans le cadre de l’obligation scolaire, les enfants mineurs sont, le plus souvent, placés dans des écoles de proximité, éventuellement après un passage en classe d’accueil pour évaluer leurs connaissances linguistiques et leur niveau d’études. Pour faciliter les contacts avec la population locale, les centres d’accueil organisent des 'initiatives de quartier' qui favorisent la rencontre entre les demandeurs d'asile et leurs voisins.

Travail (presque) interdit pendant 6 mois

Même si certains, et parmi eux, les entreprises, voudraient raccourcir ce délai, le demandeur d'asile ne peut travailler pendant les six premiers mois de la procédure. Durant cette période, il peut cependant suivre des formations (langues, bureautique, cuisine…). Les résidents des centres d’accueil peuvent également exécuter différentes tâches contre rémunération.

C'est le cas pour le nettoyage des communs, la distribution des repas et l'aide à différents services (vestiaire par exemple). Chaque candidat adulte reçoit par ailleurs 7,40 euros par semaine d'argent de poche. Pour ces menus travaux, il ne peut toutefois gagner plus de 185 euros par mois, argent de poche compris.

Faute d’une décision sur sa demande d’asile signifiée dans les six mois, le réfugié est autorisé à travailler. Il conserve alors tous ces droits, mais devra contribuer financièrement à son logement s’il séjourne toujours dans le centre d'accueil.

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56 centres d'accueil de demandeurs d'asile en Belgique: comment ça marche? © RTBF

Qui décide de la destination de chaque réfugié ?

Dans l’idéal, explique Benoit Mansy, Fedasil recherche la place la plus adaptée au demandeur d’asile. En fonction de la proximité d’un hôpital, de membres de la famille ou de la composition familiale. "Mais pour l’instant, dans l’urgence, le principal critère est celui des places encore disponibles."

Tous les réfugiés ne sont pas dans des centres

Au 15 septembre, les 56 centres d’accueil représentent deux tiers l’hébergement des demandeurs d’asile. Le tiers restant est constitué de logements individuels gérés par des Ong et des CPAS . Ces réfugiés sont donc connus de Fedasil. Ils sont généralement logés dans des studios ou des appartements et bénéficient des mêmes droits que dans les centres d’asile (aide matérielle, service social, médical, juridique, etc.), mais sans les services de collectivité.

Viennent enfin ceux que Fedasil appelle les "no show". Il s’agit cette fois de réfugiés totalement inconnus de Fedasil qui logent chez des amis, au sein de la famille ou chez des bénévoles. Car si le demandeur d’asile à droit à un accueil dans un centre, il n’est pas obligé de le demander. Une pratique individuelle que n’encourage pas Fedasil: "Cet accueil n’est pas accompagné, n'est pas encadré", déplore Benoit Mansy. "Nous ne le conseillons pas, car cela pose des problèmes pratiques. Et lorsque les candidats doivent quitter le pays, l’absence d’accompagnement professionnel complique la situation."

De nouveaux centres vont s’ouvrir

Notre infographie, réalisée avec les chiffres fournis par Fedasil le 15 septembre 2015 indiquent la capacité maximale de chaque centre à un moment précis. Mais dans la situation actuelle, cette capacité est pratiquement atteinte à 100%, voire dépassée dans certains cas. Logiquement, ces données sont donc appelées à évoluer à la hausse au cours des prochaines semaines.

Ainsi, s’ouvrira, le 1er octobre, à Vilvoorde un centre d’accueil de la Rode Kruis. Un autre à Belgrade (Namur) le 18 septembre, un troisième à Houthalen (Limbourg), le 22 septembre et un quatrième centre sera mis en service par la Croix Rouge à Saint-Ode. Probablement le 1er octobre. Des extensions de centres sont également planifiées à Florennes le 1er octobre et à Elsenborn le 1er octobre avec 250 places supplémentaires. Précisons encore qu'il existe un centre d'accueil de plus de 500 places à Tournai, qui ne figure malheureusement pas sur la cartographie consacrée à la Wallonie.

Benoit Mansy, (Fedasil) évalue le nombre de demandeurs d’asile à 16 000 au début du mois de juillet, 21 000 à la mi-septembre et à 36 000 à la fin de cette année. En moyenne, Fedasil loge 2/3 des réfugiés dans ses propres centres et 1/3 dans des logements individuels (conventions Fedasil et CPAS/ONG).

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Répartition des centres d'accueil selon les Régions © Tous droits réservés
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