Femmes en entreprise: un indicateur de performances?

Depuis plusieurs années, l’écart salarial entre hommes et femmes en Belgique est en légère diminution
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Depuis plusieurs années, l’écart salarial entre hommes et femmes en Belgique est en légère diminution - © JASMINA NIELSEN - AFP

La Belgique n'est pas mauvaise élève en ce qui concerne la représentation des femmes au sein des conseils d'administration d'entreprises. Selon une étude du Crédit-Suisse publiée en septembre 2014, en Belgique, 23,2 % des membres des CA sont des femmes.

C'est bien plus que la moyenne mondiale (établie sur base de 27 000 entreprises) qui plafonne à 12,7%. La Belgique se classe derrière des pays comme la Norvège (39,7%), la Suède (30,6%), la France (29,6%), la Finlande (29,5%), le Danemark (25%) ou encore les Pays-Bas (24,5%) mais se place devant l'Allemagne et ses 23%.

Un bilan confirmé par le World Economic Forum et son étude Global Gender Gap 2014. La Belgique s'y classe 10e au niveau mondial avec un indice de 0,781 (0 étant égal à l'inégalité totale et 1 à l'égalité parfaite).

Toutefois, si les femmes dirigent 30% des entreprises, elles ne sont à la tête que de seulement 5% des plus grandes sociétés mondiales. Des chiffres qui proviennent de l’organisation internationale du travail et son étude de 2015 Femmes d’affaires et femmes cadres une montée en puissance.

En Belgique, la présence féminine dans les cadres supérieurs des sociétés belges atteint les 16%, augmentant à 25 % parmi les directeurs généraux mais redescendant à 17 % en ce qui concerne les PDG.

Une nouvelle fois, les pays scandinaves sont en tête de classement, même si l'égalité de genre s'y arrête au niveau de la direction générale pour la Finlande, le Danemark et la Norvège, puisque aucune femme ne dirige d'entreprise.

Les performances de l'entreprise

Les femmes sont sous-représentées dans les hautes sphères des entreprises et pourtant, une présence féminine augmente les performances de la société. Selon l’étude du Crédit-Suisse sur 3000 entreprises observées, celles qui comptent au moins une femme dans leur conseil d'administration affichent une progression plus rapide de leur rentabilité financière que celles où seuls des hommes siègent. Une performance de plus de 20 %, selon les conclusions de l'analyse faite par l'institution financière.

Résultat déjà constaté dans le rapport du cabinet de conseil McKinsey & Company de 2007, intitulé Women matter. Les entreprises européennes ayant la plus forte mixité dans les postes de direction ont enregistré de meilleures performances en matière de rentabilité financière, de résultat d'exploitation et de croissance boursière.

Au-delà de la rentabilité financière, la même étude de McKinsey & Company montrait un lien entre l’excellence organisationnelle et la présence des femmes dans les organes de direction.

Le plafond de verre

Bien que le nombre de femmes cadres et les femmes chefs d’entreprise ait augmenté ces 20 dernières années, il est difficile pour elles d’aller au-delà du fameux plafond de verre, terme qui désigne une barrière invisible séparant les cadres d’une entreprise de ses dirigeants supérieurs. Ce plafond est universel. La proportion de femmes dans les conseils d’administration ou les postes à direction n’approche jamais de la parité sur le plan international.

Instauration des quotas

C'est pour corriger la sous-représentation des femmes aux postes importants que des quotas ont été instaurés en 2011, notamment dans les entreprises belges cotées en bourse. La loi belge prévoit que d'ici à 2017 ou 2019, le conseil d’administration de ces entreprises devra compter au minimum un tiers et au maximum deux tiers de membres de l’un ou l’autre sexe. Toutefois ces quotas ne font pas l’unanimité. D'un côté les femmes craignent d’être choisies uniquement par obligation et de devenir des alibis, et de l'autre les hommes craignent de devoir nommer des potiches.

Le Parlement européen fixe à 40 % le taux minimum de femmes au sein des conseils d’administration des entreprises cotées en bourse dès 2020 et pour 2018 en ce qui concerne les entreprises. Cette obligation est temporaire: elle s’éteindra en 2028, date à laquelle on espère qu’elle ne sera plus nécessaire pour assurer la parité.

A noter ces chiffres depuis l'instauration des quotas. En 2012, les femmes ne représentaient que 10 % des membres des conseils d’administration des entreprises cotées en bourse et 7 % des entreprises non cotées. En 2013, on a pu constater que le taux de présence féminine dans les CA des entreprises du BEL20 est passé à près de 20% en 2013.

Différences salariales

Depuis plusieurs années, l’écart salarial entre hommes et femmes en Belgique est en légère diminution. Dans le tout premier rapport de l’institut pour l’égalité des femmes et des hommes, l’écart salarial calculé sur base des salaires horaires s’élevait à 12%. Dans le rapport 2015, il s’élève à 9%. Ce résultat place la Belgique très en dessous de la moyenne européenne de 16%.

Notre pays obtient donc un score relativement bon dans le contexte européen, lorsqu’on laisse de côté l’effet du travail à temps partiel.

Tous secteurs confondus, les femmes ont gagné en moyenne 9% de moins qu'un homme par heure. Cette différence s'élève à 22 % lorsqu'elle est calculée sur une base annuelle.

L’écart salarial s’explique donc également en grande partie par le travail à temps partiel. En 2012, ce sont 46,2% des femmes qui sont occupées à temps partiel contre 10% des hommes.

 

 

 

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