"Trump est quelqu'un qui parle vrai et il va grandir dans sa fonction présidentielle"

En ce jour d’investiture pour Donald Trump, Bertrand Henne recevait au micro de Matin Prem1ère l’un de ses plus fervents supporters, Christian de Fouloy. Le truculent ancien président des Américains républicains de Belgique n’a jamais caché sa sympathie pour le candidat Trump. En sera-t-il récompensé en retour ? Lui l’espère puisqu’il brigue, ni plus ni moins, que le poste d’Ambassadeur des Etats-Unis en Belgique. L’occasion d’évoquer cette ambition, mais également la fracture qui anime la société américaine à quelques heures de l’entrée en fonction officielle du très clivant 45ème président des Etats-Unis.

C’est une nouvelle Amérique qui va commencer

Car si le magnat immobilier suscite un énorme enthousiasme auprès de ses supporters, son impopularité et les craintes qu’il inspire chez ses détracteurs n’est pas en reste. Les " 100jours ", ce début de mandat qui, traditionnellement, donne le ton de la présidence, sera plus que jamais déterminant pour la suite. " C’est une nouvelle Amérique qui va commencer. Trump va sans doute s’atteler d’abord à résoudre la question de l’emploi, à faire revenir des jobs aux USA, comme c’est le souhait de 75% des Américains", explique Christian De Fouloy. Une mesure déjà mise en œuvre avant même sa prise de fonction, puisqu’il aura suffi de quelques tweets pour convaincre plusieurs entreprises automobiles, mais pas seulement, de ne pas délocaliser leurs usines à l’étranger et de maintenir l’emploi au pays de l’oncle Sam.

Il n’est pas issu de Harvard ou de Yale, et cela les démocrates n’ont pas digéré

Mais au-delà des mesures, ce qui intrigue, inquiète et crée la polémique, c’est la décision de près de 60 membres de la Chambre des représentants, près d’un quart des élus, de ne pas assister à l’investiture. Pour Christian De Fouloy, " c’est un manque de respect vis-à-vis de la fonction présidentielle. Il est vrai que Trump possède un franc-parler, mais c’est un homme issu de l’immobilier, ce n’est pas l’homme du sérail, il n’est pas issu de Harvard ou de Yale. C’est un homme qui parle avec beaucoup de réalisme, il parle vrai, comme il s’adresserait à un plombier ou un électricien sur ses chantiers. Et cela les démocrates n’ont pas digéré."

Autour de Trump, il y aura un cercle restreint, mais également des stabilisateurs

Une personnalité imprévisible, celle de Trump, qui se reflète jusque dans la constitution de son " gouvernement ". Rex Tillerson, PDG d’Exxon et proche Poutine, à la tête de la diplomatie, Rick Perry à l’énergie alors qu’il souhaitait l’abolition de ce " ministère ", mais surtout Stephen Bannon, fondateur du site très conservateur Breitbart News, comme conseiller, le casting fait jaser. Et si les démocrates s’inquiètent de cet afflux de personnalités controversées, Christian De Fouloy, lui, préfère botter en touche et relever les points positifs de cette législature qui s’annonce: "La grande opportunité, c’est que l’on a un Congrès républicain. Cela va faciliter la tâche entre le législatif et l’exécutif puisque la Chambre et le Sénat sont majoritairement Républicains. Autour de Trump, il y aura un cercle restreint, mais également des stabilisateurs présents pour stabiliser les choses. Car Des gens comme Mattis, et même Tillerson, ont marqué un petit peu leurs divergences avec le futur président. Et puis Trump va grandir dans ce job, il va se développer, il n’a jamais fait de politique."

Trump met le doigt là où cela fait mal

Mais il n’y pas qu’aux Etats-Unis que Trump inquiète, en Europe aussi. Encore plus depuis ses dernières sorties où il déclarait ouvertement se réjouir du Brexit et prévoyait que d’autres pays quitteraient l’Union européenne. " Il faut revenir au 11 novembre. Au lendemain de l’élection, lorsque le président Juncker déclare devant un parterre d’étudiants qu’il faut apprendre au président nouvellement élu ce qu’est l’Europe et comment elle fonctionne… Ce n’est pas très fin de la part de quelqu’un qui supportait sans doute plus Hillary Clinton que monsieur Trump. Et il faut pas oublier que Nigel Farage lui a monté la tête. La question n’est pas Trump. Lui met le doigt là où cela fait mal, il répond en tant qu’observateur, sur base de faits, comme la domination de l’Allemagne sur l’Europe. "

Que recherche-t-il ? Une justesse, une équité

De là à parler de protectionnisme, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par Trump dans son discours sur les voitures allemandes où il déclarait : " Quand on voit que tout le monde a une allemande garée devant chez lui à la 5ème Avenue. Or le fait est que vous les Allemands êtes très injustes avec les Etats-Unis. Combien de Chevrolet avez-vous chez vous ? Vous pourrez vendre des voitures aux Etats-Unis, mais pour cela vous devrez payer 35% de taxe sur chaque voiture". Christian De Fouloy ne perd pas pied et recontextualise les propos de son leader : " Il parlait de BMW, qui, s’il devait partir construire ses voitures au Mexique, il serait sujet à une taxe de 35%. Que recherche-t-il ? Une justesse, une équité. Comme la Russie: respect et équité. "

Interrogé sur la façon dont il décrirait la Belgique à Donald Trump, le candidat ambassadeur de terminer en citant Charles Michel qui avait souligné la nécessité de ne pas isoler La Russie... Les grands esprits se rencontrent ? 

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