Interdiction d'entrer sur le territoire américain: le décret de Trump attaqué en justice

Les autorités égyptiennes ont interdit à six migrants de se rendre aux Etats-Unis samedi, à la suite de la suspension par Donald Trump du programme américain d'admission des réfugiés, indique une source à l'aéroport du Caire.
Les autorités égyptiennes ont interdit à six migrants de se rendre aux Etats-Unis samedi, à la suite de la suspension par Donald Trump du programme américain d'admission des réfugiés, indique une source à l'aéroport du Caire. - © Belga/Flickr - Piviso

Les autorités égyptiennes ont interdit à six migrants de se rendre aux Etats-Unis samedi, à la suite de la suspension par Donald Trump du programme américain d'admission des réfugiés, indique une source à l'aéroport du Caire. Par ailleurs, plusieurs compagnies aériennes ont refusé d'embarquer des Iraniens munis d'un visa américain sur des vols à destination des Etats-Unis.

Irakiens, Iraniens et Yéménites interdit d'entrée aux USA

Cinq Irakiens et un ressortissant Yéménite sont arrivés à l'aéroport du Caire pour embarquer dans un vol Egyptair à destination du JF Kennedy Airport à New York. Ils avaient déjà obtenu leur visa pour entrer aux Etats-Unis.

"Lorsque leur statut a été notifié à un fonctionnaire de l'aéroport JF Kennedy, celui-ci a émis une ordonnance leur interdisant l'entrée aux Etats-Unis", ajoute une source à l'aéroport du Caire. Les passagers, escortés par un représentant de l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, ont été informés de cette interdiction.

Des Iraniens ont également été interdits d'accès. Des responsables de deux agences de voyage à Téhéran ont affirmé qu'ils avaient reçu des instructions de la part des compagnies Emirates, Turkish Airlines et Etihad Airways, de ne plus vendre de billet à des Iraniens ayant un visa américain car ces dernières refusent de les embarquer à bord.

Une Iranienne, étudiante en gestion en Californie, devait retourner le 4 février aux Etats-Unis. "J'avais un billet sur Turkish (Airlines) le 4 février prochain, mais il a été annulé", a-t-elle déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Aucun vol direct n'existe entre l'Iran et les Etats-Unis qui ont rompu leurs relations depuis 1980 quelques mois après la révolution islamique de 1979. Les voyageurs iraniens doivent prendre des avions de compagnies étrangères et transiter obligatoirement par un pays tiers. "Nous n'avons donné aucune instruction aux agences de voyage", a déclaré à l'AFP Reza Jafarzdeh, le responsable de l'Organisation iranienne de l'aviation civile.

Nous avons l'obligation légale d'appliquer ce décret

Un cas s'est également présenté ce samedi à Amsterdam, où la compagnie aérienne KLM n'ont pas pu laisser partir sept Irakiens vers les Etats-Unis. Pour l'instant, cette situation ne s'est pas présentée en Belgique. Des cas similaires pourraient se présenter dans les prochains jours, mais cela ne devrait pas durer, l'obtention d'un visa américain se faisant en ligne très rapidement, via le système ESTA.

La compagnie aérienne Swiss applique "dès à présent" le décret de Donald Trump interdisant l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans. Elle n'a "pas le choix", a affirmé samedi son directeur général pour la Suisse romande.

"Nous avons l'obligation légale d'appliquer ce décret", a ajouté Lorenzo Stoll sur les ondes de la Radio télévision suisse (RTS). Il précise toutefois qu'il y a "très peu" de ressortissants des sept pays concernés qui transitent par Zurich et Genève sur des vols de Swiss.

La compagnie helvétique est en train d'établir une information pour les personnes qui pourraient être concernées. Selon Lorenzo Stoll, toutes les compagnies aériennes ont été prises de court par la décision signée vendredi par le président des Etats-Unis.

Dans l'intervalle, la compagnie recommande aux personnes qui pourraient être touchées de prendre contact avec les représentations américaines dans le pays dans lequel elles séjournent.

La justice américaine saisie

Le président américain Donald Trump a suspendu vendredi par décret pour quatre mois le programme américain d'admission de réfugiés. Il a également banni l'entrée de réfugiés syriens aux Etats-Unis et mis un terme pour trois mois à la délivrance de visas pour les citoyens d'Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan et Yémen. Donald Trump estime ces mesures nécessaires pour "protéger les Etats-Unis des terroristes islamiques radicaux".

Plusieurs associations de défense des droits civiques américaines, dont la puissante ACLU (American Civil Liberties Union), ont attaqué samedi en justice le décret de Donald Trump interdisant l'accès aux Etats-Unis de ressortissants de plusieurs pays musulmans.

La plainte contre le président Trump et le ministère de la Sécurité intérieure a été déposée samedi matin devant un tribunal fédéral de New York par l'American Civil Liberties Union et d'autres associations de défense des droits et des immigrés, qui exigent notamment la libération de deux citoyens irakiens interpellés vendredi soir à l'aéroport JF Kennedy sur la base du décret qui venait à peine d'être promulgué.

Selon le texte de la plainte, les deux Irakiens interpellés sont détenteurs de visas leur permettant d'entrer légalement aux Etats-Unis. L'un d'eux a travaillé pour des entreprises américaines et pour le consulat des Etats-Unis à Erbil. L'autre devait rejoindre sa femme et son enfant arrivés légalement aux Etats-Unis avec le statut de réfugiés. Les associations demandent à ce qu'ils soient relâchés et qu'ils puissent au moins exercer leur droit à déposer une demande d'asile aux Etats-Unis pour éviter d'être renvoyés en Irak, où ils ont de bonnes raisons de craindre pour leur sécurité.

Elles demandent plus globalement à ce que cette plainte soit considérée comme une action en nom collectif pour toutes les personnes dans le même cas qui pourraient se voir bloquées dans les aéroports.

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