Vendredi 20 janvier 2017, le jour où Donald Trump est devenu le 45e président des Etats-Unis

Donald Trump est devenu vendredi 20 janvier 2017 le 45e président des Etats-Unis, promettant dans un discours très offensif aux accents résolument populistes d'articuler sa politique autour d'un seul axe: "l'Amérique d'abord". Revivez cette journée.

Dès avant l'aube, sous un ciel menaçant, des milliers d'Américains s'étaient rassemblés sur le National Mall. Mais les vues aériennes des immenses pelouses montraient une mobilisation populaire limitée, dans un contraste saisissant avec l'investiture de Barack Obama, au même endroit, il y a huit ans.

Chez les partisans de la première heure du républicain, l'espoir était sincère, avec la conviction d'assister au début "d'une nouvelle ère".

"Je ne suis pas d'accord à 100% avec la façon dont (Donald Trump) s'exprime mais c'est un homme d'affaires qui a réussi et ce n'est pas un politicien", dit Miguel, 54 ans. "Je pense qu'il tiendra ses promesses".

"Il a su faire simple pour les gens moyens, et il a réussi à rassembler les gens", ajoute Michael Hippolito, policier new-yorkais à la retraite.

'Tout commence aujourd'hui'

Pour cette journée historique, Donald Trump et sa femme Melania ont suivi la même tradition protocolaire que leurs prédécesseurs. Après s'être rendus à l'église St John, ils ont été accueillis pour un thé à la Maison Blanche par Barack et Michelle Obama, en compagnie également du futur vice-président Mike Pence et son épouse.

Le couple Obama et le couple Trump se sont dirigés vers le Capitole.

Avant la prestation de serment, c'était le temps des bénédictions.

Ensuite le vice-président Mike Pence a prêté serment.

Ensuite, Donald Trump a prononcé le serment qui faisait de lui le 45e président des Etats-Unis. Main gauche sur la bible, main droite levée, le magnat de l'immobilier, porté au pouvoir sur une rhétorique anti-élites, a prêté serment comme l'ont fait avant lui George Washington, Franklin D. Roosevelt ou John F. Kennedy. "Je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis, et, dans toute la mesure de mes moyens, de sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis", a-t-il déclaré, sur les marches du Capitole, cravate rouge et visage grave.

Donald Trump a alors prononcé son premier discours comme président. Il a affirmé qu'il tenait à mettre à présent "l'Amérique d'abord, et seulement l'Amérique. Nous nous sommes réunis aujourd'hui et nous décrétons pour être entendus dans chaque ville, chaque capitale étrangère et dans chaque lieu de pouvoir qu'à compter d'aujourd'hui une nouvelle vision prévaudra dans notre pays: ce sera l'Amérique d'abord et seulement l'Amérique", a lancé le 45e président des Etats-Unis.

"Ensemble nous allons rendre à l'Amérique sa force. Nous allons rendre à l'Amérique sa prospérité. Nous allons rendre à l'Amérique sa fierté. Nous allons rendre à l'Amérique sa sécurité. Et oui, ensemble, nous allons rendre à l'Amérique sa grandeur", a martelé Donald Trump, reprenant son slogan de campagne.

"Une nouvelle fierté nationale va élever nos regards et guérir nos divisions", a-t-il encore déclaré.

"Deux règles simples: acheter américain, embaucher américain"

Au plan économique, "nous allons suivre deux règles simples: acheter américain, embaucher américain", a souligné Donald Trump.

Le nouveau président des Etats-Unis s'est aussi engagé à ce que sa présidence montre la voie "pour l'Amérique et pour le monde pour des années".

Dans un discours politique combatif d'une quinzaine de minutes, juste après avoir prêté serment sur la bible, le 45e président des Etats-Unis a également promis de "renforcer les vieilles alliances et d'en forger de nouvelles", tout en déplorant que depuis des années l'Amérique ait "subventionné les armées d'autres pays", sans dire toutefois à quels Etats étrangers il faisait référence.

Le milliardaire républicain a par ailleurs promis d'"éradiquer" le "terrorisme islamique radical".

Nous allons "unifier le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous allons éradiquer complètement de la surface de la Terre", a-t-il déclaré sous les applaudissements de plusieurs centaines de milliers de personnes.

Jackie Evancho a chanté l'hymne national américain. Cette jeune chanteuse a gagné sa popularité lors de la compétition de America's Got Talent où elle a terminé à la 2e place à l'âge de 10 ans.

Environ 95 arrestations d'anti-Trump à Washington

Plus de 90 personnes qui manifestaient à Washington, théâtre de heurts en marge de l'investiture du nouveau président américain Donald Trump, ont été arrêtées, a annoncé la police de la capitale fédérale.

"Nous avons interpellé environ 95 personnes", a déclaré un porte-parole de la police de la ville, où environ 400 à 500 manifestants lançaient des projectiles sur les policiers en combinaison anti-émeute, non loin de la Maison Blanche.

De nouveaux heurts violents se sont produits vendredi entre manifestants anti-Trump et la police au centre de Washington, peu après l'investiture de Donald Trump, a constaté un journaliste de l'AFP.

Quelque 400 à 500 manifestants lançaient des projectiles sur les policiers en combinaison anti-émeute. Les forces de l'ordre ont riposté avec des grenades lacrymogènes.

L'ex-président Obama a quitté Washington pour des vacances en Californie

L'ancien président Barack Obama et sa femme Michelle ont quitté Washington, quelques minutes après la prestation de serment de Donald Trump, pour rejoindre Palm Springs, en Californie, où ils passeront des vacances en famille.

"Notre démocratie, ce ne sont pas des monuments ou des bâtiments, c'est vous", a lancé le président démocrate lors de ses ultimes déclarations depuis la base militaire d'Andrews, en banlieue de la capitale fédérale.

Après huit années au pouvoir, le démocrate qui a surmonté durant sa présidence une crise économique et financière menaçant de tout emporter sur son passage a indiqué qu'il entendait rester à l'écart de la "mêlée" pour laisser son successeur gouverner, mais à condition que certaines lignes rouges ne soient pas franchies.

"Je ne m'arrêterai pas; je resterai là avec vous, en tant que citoyen", a écrit Barack Obama sur Twitter, l'un de ses derniers tweets sous le compte @POTUS, qui a ensuite été transféré à son successeur.

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