Le duo wallon PS-cdH boucle ses dernières réformes dans une ambiance lourde

Le toujours ministre-président Paul Magnette (PS) se disait déçu, mais pas amer.
Le toujours ministre-président Paul Magnette (PS) se disait déçu, mais pas amer. - © JOHN THYS - BELGA

L'ambiance était lourde ce jeudi à l'Élysette pour la 135ème et dernière réunion – selon toute vraisemblance – du gouvernement wallon PS-cdH, avant un basculement d'alliance du centre-gauche vers le centre-droit, initié par le cdH qui finalise un accord de gouvernement avec le MR.

La séance hebdomadaire de l'exécutif, qui affichait quelque 120 points à son ordre du jour, n'aura duré que quelques dizaines de minutes, le cdH bloquant à nouveau une trentaine de points avancés par le PS.

La paire socialistes-humanistes a néanmoins bouclé plusieurs points, dont la réforme du mécanisme de financement des infrastructures hospitalières a néanmoins été approuvée, la réforme de la formation à la conduite pour l'obtention du permis B ou encore le rétablissement du versement direct aux communes de la redevance voirie.

Les ministres cdH (Maxime Prévot, Carlo Di Antonio et René Collin) ont quitté le lieux en premier, laissant les ministres socialistes (Paul Magnette, Jean-Claude Marcourt, Eliane Tillieux, Christophe Lacroix et Pierre-Yves Dermagne) un peu plus longtemps dans le bâtiment.

"Nous sommes venus avec humilité, car s'il reste des divergences de fond, sur le plan des relations humaines, il faut montrer du respect par rapport aux collègues", a commenté le ministre Maxime Prévot, ministre de la Santé, des Travaux publics et de la Sécurité routière.

"Déçu, mais pas amer"

Le toujours ministre-président Paul Magnette (PS) se disait déçu, mais pas amer. "Je regrette que cette 135e séance soit la dernière, d'autant plus quand je vois ce que la future majorité MR-cdH annonce: c'est presque exactement la même chose que ce que nous faisons aujourd'hui: le plan Marshall, les projets Feder (fonds européens), le pacte pour l'emploi, le plan wallon de lutte contre la pauvreté, tout cela continuera. Il est clair que tout ceci une pure manœuvre politicienne du cdH pour se sauver".

"La seule chose qu'ils détricotent, ce sont les accords de gouvernance: ils ont apparemment du mal à vivre avec la transparence et les plafonds de rémunération, c'est dommage...", a ajouté Paul Magnette.

"Ironie de l'histoire, cela fait dix ans jour pour jour que je suis entré en politique", a fait observer l'ex-politologue, qui avait été appelé en 2007 par Elio Di Rupo pour remettre de l'ordre dans le PS carolorégien alors en proie aux affaires politico-judiciaires.

Paul Magnette a assuré avoir préparé des dossiers et des fiches de synthèse à l'intention de son successeur. "Tous les documents seront transmis pour que le gouvernement suivant puisse travailler normalement. Je ne voudrais pas que la Wallonie pâtisse des manœuvres politiques de certains", a-t-il dit.

Reportage tiré du JT de 19h30