Crise gouvernementale à Bruxelles: en attendant Olivier Maingain...

...qui sera ce soir en exclusivité l'invité du 19h30. Ce lundi, comme tous les lundis, les chefs cab’ se réuniront au siège du gouvernement bruxellois. Au menu: la préparation du conseil des ministres bruxellois de mercredi. En principe, le dernier de la saison avant des vacances bien méritées.

Mais cette réunion d’habitude menée dans la bonne humeur risque bien de se dérouler dans une ambiance bien lourde, voire hostile. Car à Bruxelles, en l’espace d’un week-end, le climat a changé du tout au tout par rapport à la semaine précédente. Il a carrément viré à l’orage. La Région bruxelloise est au bord de la crise de nerfs, proche du burnout.

La guerre est déclarée

Pourtant, depuis l’appel du 19 juin du président du cdH, Benoit Lutgen, à mettre en place de nouvelles majorités, comprenez sans le PS, dans les entités fédérées francophones, la Région bruxelloise était parvenue à maintenir un semblant de concorde,  le minimum syndical en tout cas pour faire fonctionner l’institution. Mais aujourd’hui, selon les termes d’une source proche du ministre-président bruxellois, Rudy Vervoort (PS), "la guerre est déclarée".

L’appel de Fremault

Dans la ligne de mire: les propos de la ministre de l’Environnement, Céline Fremault (cdH), dans le journal l’Echo de samedi.  En service commandé, la ministre dénonce des agissements peu transparents de la part de "cabinettards" socialistes de la Région dans la gestion du SamuSocial.

Au-delà du bien-fondé de ces accusations, la ministre en profite pour faire un appel du pied à peine voilé au président de Défi, Olivier Maingain, pour expulser le PS hors du gouvernement bruxellois. Jusqu'à présent, Olivier Maingain a, malgré les pressantes sollicitations, toujours refusé de laisser tomber son partenaire socialiste à la Région bruxelloise.

Son argument: le scandale du Samusocial n’est pas le fruit du parti socialiste bruxellois, mais celui de la Ville de Bruxelles. Dans son attaque en piqué, Céline Fremault prend évidement le contre-pied de cette théorie. De quoi, du moins espère-t-on du côté de la rue des deux églises, convaincre Olivier Maingain à lâcher le PS et à se joindre au MR et au cdH pour mettre en place une nouvelle majorité.  

La réponse de Maingain

En tout cas, les humanistes estiment qu’avec cet appel Olivier Maingain doit au minimum (enfin) sortir du bois.  Car plus que jamais, en particulier à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles, Olivier Maingain détient la solution de ce qui ressemble de plus en plus à un furieux casse-tête politique.

Mathématiquement, les "Amarantes" sont incontournables, c’est donc peu dire que le landerneau politique est ce soir suspendu aux lèvres du bourgmestre de Woluwé-saint-Lambert. Car, soit le président de Défi cède aux sirènes du cdH et entame des pourparlers avec d’autres partenaires pour constituer de nouvelles coalitions, renvoyant le PS dans l’opposition, offrant ainsi gracieusement une plume au chapeau de Benoit Lutgen. Soit, il reste fidèle au partenaire socialiste, renvoyant de facto la patate chaude à Céline Fremault, qui devrait alors en tirer certaines conclusions… Et plongeant par la même occasion Bruxelles dans un abîme de perplexité.

Contagion communautaire

Car à Bruxelles, c’est de notoriété publique, rien n’est jamais simple. Si le duo PS-Défi reste à la barre de la Région, il devra trouver un troisième larron… Et alors quoi ? Coucou revoilà Ecolo ? Pas si vite, car avant même de s’assurer d’un intérêt des Verts, qui dit annexion d’Ecolo dit d’office celle de son frère siamois Groen ! Or, une montée de Groen! dans l’Exécutif bruxellois, les partis flamands de la majorité bruxelloise (CD&V, s.pa et Open-VLD) n’en veulent pas. Et pour pimenter une soupe déjà bien corsée, comme Céline Fremault a lancé son anathème également sur le s.pa bruxellois, si les socialistes flamands devaient quitter le bateau bruxellois, il faudrait alors aussi les remplacer côté flamand.

Pour mémoire en Région bruxelloise, il faut une majorité dans chaque groupe linguistique. Et voilà comment une crise à l’origine franco-francophone pourrait tout aussi bien prendre un tour communautaire.  Où se transformer en quelque chose d’inédit. Cadre institutionnel oblige, à Bruxelles et en Fédération Wllonie-Bruxelles, il faudra peut-être aussi faire preuve de créativité. Pour rappel, les entités fédérées sont condamnées à vivre jusqu’à la fin de la législature, la Constitution ne prévoit pas un retour aux urnes en cas de crise politique.

En Wallonie aussi, les convoyeurs attendent

Et il n’y pas qu’à Bruxelles qu’on attend Olivier Maingain, en Wallonie aussi, les convoyeurs attendent. Car côté wallon, il nous revient que les négociations cdH-MR avancent bien. Au point d’ailleurs pour certains d’imaginer un nouvel Executif wallon sur les rails pour le 21 juillet prochain. Mais ce scénario va devoir peut-être se faire attendre. Car, selon diverses sources proches des négociateurs wallons, le duo MR et cdH attendra jusqu’à la dernière minute que la situation se décante, "qu’on y voie clair", en Fédération Wallonie-Bruxelles et à Bruxelles.

>>>Des questions auxquelles a répondu le président des Amarantes lors de l'édition de 19h30 du JT de la RTBF

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