Zakia Khattabi (Ecolo): "Être du bon côté de l'Histoire, c'est aussi refuser d'enfermer les enfants"

Invitée pour le Jeudi en prime de ce jeudi 13 décembre, Zakia Khattabi, la co-présidente du parti Ecolo, s’est exprimée sur le remaniement du gouvernement, sur les mouvements de contestation sociaux et la place qu'occupe Ecolo dans le paysage politique belge.

Comment les Verts peuvent-ils faire bouger les lignes ?  Après leur progression aux élections communales d’octobre, le temps est à la planification et leur regard tourné vers les élections fédérales et européennes de mai 2019. Le remaniement du gouvernement Michel annonce pour Zakia Khattabi un début de campagne politique.

"Non, le gouvernement n’est pas légitime", entame Zakia Khattabi, "c’est un gouvernement minoritaire mais c’est aussi un parlement minoritaire. Précédemment, les francophones n’étaient pas représentés. Aujourd’hui, c’est la Belgique qui ne l’est plus". Le ton est posé, Ecolo veut un programme clair du nouveau gouvernement : "nous souhaitons qu’il y ait un projet précis et que les citoyens sachent à quoi s’attendre".

Aller à Marrakech : "un geste fort mais facile"

La coprésidente d’Ecolo salue la décision de Charles Michel d’aller à l’encontre de la N-VA, se rendre à Marrakech pour être du bon côté de l’Histoire, dit-elle. Trop tard peut-être. "En même temps être du bon côté de l’Histoire, c’est aussi refuser d’enfermer les enfants… Je trouve que c’est un peu facile. Marrakech ne va pas effacer les quatre ans que l’on vient de connaître".

Pour Zakia Khattabi, ce geste serait surtout le début de la campagne : "le récit voudrait que le gouvernement soit tombé au nom de la solidarité, au nom des valeurs universelles (…) Cette crise est pour moi une crise post-14 octobre. Après les élections, tant le MR que la N-VA ont subi un échec. Elle permet à l’un et à l’autre d’entrer en campagne". Zakia Khattabi y voit un geste fort lancé à l’encontre de deux électorats, d’un côté le MR vers les pro-pacte, de l’autre la N-VA vers ceux qui sont contre.

Un désaccord sur la politique sociale du gouvernement Michel

"Tout au long de cette législature, il y a eu des éléments symboliques que nous avons considérés comme des reculs d’un point de vue social". Par cette formule Zakia Khattabi voudrait rouvrir le débat sur plusieurs mesures. L’une d’entre elles est le départ à la pension, fixé à 67 ans par le gouvernement Michel, notamment.

Établir "une politique écologique globale et systémique"

Alors qu'aujourd’hui, les partis politiques possèdent dans leurs programmes toute une série de mesures pour préserver l’environnement, quelle est l’utilité d’un parti écolo ? "Je regrette que l’on face de l’enjeu climatique un enjeu politicien et partisan" entame Zakia Khattabi face à Carlo Di Antonio (cdH) "mais la Belgique est ces dernières années dans la queue du cockpit, alors que l’on a été longtemps à la pointe… l’urgence climatique est telle que nous ne serons jamais assez nombreux pour travailler sur les questions liées au climat. Actuellement les mesures environnementales ne sont pas suffisantes." Ce que Ecolo revendique : "une vraie politique écologique globale et systémique".  

L’une des mesures envisagée par les Verts serait d’établir une taxe sur le kilomètre parcouru en voiture. "J’assume la fiscalité environnementale mais surtout, nous exigeons un refinancement massif en termes de mobilité alternative. Nous ne pouvons pas exiger des gens de payer si on ne leur permet pas des alternatives pour se déplacer", a lancé la Bruxelloise. Au final, a-t-elle conclu, l'objectif pour la co-présidente des Verts n'est pas de gagner les élections de 2019 mais "de faire en sorte que l'on puisse garantir les conditions de viabilité de notre humanité sur terre".

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