Crise politique: "Le PS ne demande pas de nouvelles élections"

Alors que le Premier ministre Charles Michel est attendu à la Chambre ce mercredi pour évoquer la situation politique, l'opposition ne mâche pas ses mots : pour le président du PS Elio di Rupo, le gouvernement actuel est illégitime. "Charles Michel aurait dû aller directement chez le Roi, puis immédiatement au Parlement, regrettait le président du PS dans le studio de Matin Première. Un gouvernement minoritaire qui ne vient pas présenter son programme, qui ne demande pas immédiatement la confiance au Parlement, contrairement à ce que demande le service juridique de la chambre, ça devrait être un gouvernement d'affaires courantes."

Elio di Rupo estime que la N-VA est "plus puissante à l'égard du MR" maintenant qu'elle n'est plus au gouvernement, car "elle peut à tout moment faire tomber le gouvernement". "Le gouvernement MR est otage de la N-VA", ajoute-t-il. Un discours qui rappelle la pique du président de DéFI Olivier Maingain, ironisant ce mardi sur le fait que la N-VA ne sera "pas à la table du 16 rue de la Loi mais dans la chambre à coucher du Premier ministre." Avec 31 députés à la Chambre, il suffit, selon le président du PS, d'un "claquement de doigt" de la N-VA pour que le gouvernement Michel s'effondre.

Ne pas ajouter du chaos au chaos

Elio Di Rupo estime que le gouvernement fait une faute démocratique en refusant de montrer qu'il est en affaires courantes, et en voulant continuer une politique "de déchirure sociale" selon l'ancien Premier ministre. Elio Di Rupo dénonce plusieurs mesures, comme la hausse du prix des médicaments, de la TVA sur l'électricité, et l'augmentation de l'âge de la pension à 67 ans. "Nous voudrions éviter de nouvelles lois", explique Elio Di Rupo, qui dit préférer un gouvernement d'affaires courantes plutôt qu'un gouvernement qui continuerait sur sa lancée.

Pour autant, l'ancien Premier ministre n'appelle pas de ses vœux la chute du gouvernement. "Le PS ne demande pas de nouvelles élections et ne veut pas ajouter du chaos au chaos", précise Elio di Rupo. Les socialistes francophones n'envisagent pas de déposer de motion de défiance et n'excluent pas d'entrer en négociation en cas de virage social du gouvernement. "Si on change de politique, on trouvera un Parti socialiste responsable, affirme Elio Di Rupo. Nous avons clairement indiqué que nous étions prêts à travailler, nous avons demandé un nouveau pacte social." Le président du PS est formel : "Si ce n'est pas aujourd'hui, il faudra changer de politique le 26 mai."

Ce n'est pas à Marrakech qu'il faut parler, c'est en Belgique !

Concernant le discours de Charles Michel à Marrakech, Elio Di Rupo estime que "c'est du théâtre". "La réalité, c'est que la N-VA a pris ce prétexte [du pacte sur les migrations] pour ne pas perdre des électeurs vers l'extrême-droite, Charles  Michel s'est retrouvé coincé, et il cherche à se racheter une certaine audience, une certaine moralité, mais c'est trop tard."

Pour Elio Di Rupo, le Premier ministre use d'effets de manche pour se donner une image à l'international, mais sur un sujet qui ne concerne pas vraiment la population, et aurait dû s'exprimer en Belgique plutôt qu'à Marrakech. "Le Pacte de la migration a été négocié par 190 pays, ça vise à régler la question migratoire dans le monde", rappelle le président du PS, qui dénonce les fake news qui circulent autour de la potentielle menace de ce pacte pour la population belge. "Il n’y a pas de menace à la frontière belge, affirme-t-il. Les migrants ne sont pas aux portes de Maubeuge ou de Lille."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK