Crise gouvernementale: "La coalition suédoise n'existe plus politiquement"

L'annonce du Premier ministre Charles Michel de renvoyer au Parlement la décision concernant le pacte de l'ONU sur les migrations confirme la fragilité de la coalition fédérale, et surtout, pose beaucoup de questions. La N-VA pourra-t-elle continuer à faire partie du gouvernement ?  Le responsable éditorial politique de la RTBF Thomas Gadisseux faisait le point ce mardi soir sur le plateau du 19h30.

Pourquoi le gouvernement risque-t-il de tomber ?

La N-VA l'avait annoncé : elle ne soutiendra pas un gouvernement qui ira à Marrakech et qui signera le pacte de l'Onu sur les migrations. Puisque Charles Michel a affirmé sa volonté de le faire, la coalition suédoise (MR - N-VA - CD&V - Open VLD) se retrouve en crise. "La question est de savoir si la N-VA va se retirer de cette coalition, et donc que le gouvernement deviendra minoritaire, ou si elle va rester jouer les trouble-fête et le blocage institutionnel au sein même du gouvernement fédéral jusqu'aux élections, ajoute-t-il. C'est donc la fin de la suédoise : cette coalition, politiquement, n'existe plus."


►►► Que se passerait-il si le gouvernement tombait ?


Le Premier ministre n'a plus de consensus au sein de son gouvernement et renvoie la balle au Parlement, où il sait qu'il a une majorité alternative. "Il va aller chercher cette signature et ce pacte avec des partis de l'opposition", explique Thomas Gadisseux.

Quelle forme va prendre le nouveau gouvernement ?

C'est la grande inconnue ce mardi soir, explique Thomas Gadisseux : va-t-il y avoir une démission des ministres, ou est-ce qu'on va rester dans cette "espèce de gouvernement qui ne s'entend plus mais qui ne veut pas se séparer" ? "Là on va avoir un vrai blocage institutionnel, affirme le journaliste. Il y a différents scénarios sur la nature de ce futur gouvernement, mais politiquement, on acte la mort cérébrale de la coalition ce mardi soir."

Qu'est-ce qui a mis le feu aux poudres ?

Quelques heures avant la conférence de presse de Charles Michel ce mardi soir, un événement a marqué la journée : la diffusion d'une campagne contre le pacte de migration par la N-VA. Selon Thomas Gadisseux, c'est bien ce qui a tout précipité : "les masques sont tombés. Avant même de rentrer en négociations éventuellement au conseil des ministres restreint, la N-VA avait anticipé une campagne pour matraquer sur le web et les réseaux sociaux qu'elle ne voulait pas de ce pacte.

Mais par là même, la N-VA s'est mise dans la position du "fauteur de troubles, du responsable de la crise", rappelle Thomas Gadisseux : "du coup, il y a eu une réaction unanime de l'ensemble des partenaires, CD&V, Open VLD et MR, dénonçant une campagne scandaleuse, proche du Belang et de l'extrême-droite."

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