Cop24: "La Flandre ne souhaite pas aller plus loin en matière d'énergies renouvelables"

Au lendemain de la mort de la coalition suédoise MR/Open VLD/CD&V/N-VA, le président du MR Olivier Chastel se voulait rassurant sur le gouvernement Michel II : il n'est pas si différent du précédent. "Il n’y a pas eu de prestations de serment de nouveau ministres, rappelait-il dans le studio de Matin Première. C’est un gouvernement Michel restreint, centré sur des priorités tirées du programme de gouvernement précédent, c'est un gouvernement qui veut terminer cette législature."

Pour Olivier Chastel, le désaccord autour de la signature du Pacte sur les migrations et la crise qui a suivi n'a pas laissé beaucoup d'options au MR : le "chaos" avec des élections anticipées ou la "stabilité". "Des élections anticipées fin janvier nous amènent à mon avis sans gouvernement fédéral pour presque un an, affirme-t-il. On n'imagine pas la constitution d'un gouvernement fédéral en pleine campagne des élections régionales et européennes, et une discussion qui peut durer très longtemps." Olivier Chastel rappelle d'ailleurs le contexte international, avec des négociations cruciales autour du Brexit, qui concerne de nombreuses entreprises belges.

Qu'on le veuille ou non, nous sommes en campagne électorale

Charles Michel sera donc à la tête d'un gouvernement minoritaire, donc fragile, jusqu'en mai. "C’est un gouvernement dont le fonctionnement va complètement changer, estime Olivier Chastel. Il faudra trouver des majorités pour un certain nombre de textes." Le départ de la N-VA a marqué le début des hostilités politiques : "On est quasiment, qu’on le veuille ou pas, en campagne électorale", note Olivier Chastel. Un bel euphémisme, puisque débutera le 26 janvier la période de prudence électorale, pendant laquelle tout euro et tout temps de parole dépensé par les partis sera comptabilisé.

Avec le recul, le MR pourrait se mordre les doigts d'avoir mené une coalition avec la N-VA. Mais ce n'est pas l'avis d'Olivier Chastel. "Quand je regarde les quatre ans menés tambour battant en matière de réforme structurelle, notamment socio-économique, il n'y a pas de regret, explique-t-il. Notre regret, simplement, c'est que la N-VA ait préféré rentrer directement en camp sur ce thème plutôt que d'avoir le sens des responsabilités jusqu'au terme de ce gouvernement." Selon le président du MR, même la communication du secrétaire d'État à l'Asile et l'Immigration Theo Francken ou du ministre de l'Intérieur Jan Jambon n'ont pas nui au programme d'immigration fixé par le gouvernement Michel, un programme "humain mais ferme".

Je n'exclus pas de gouverner avec la N-VA

Le président du MR est revenu sur la campagne anti-pacte des migrations de la N-VA, que son parti a fait retirer, selon lui. Une campagne "qui avait des relents racistes" et qui, selon lui, était surtout "mensongère" : "le pacte de l’ONU est non contraignant et balise une campagne internationale pour contrôler et sécuriser l’immigration, rappelle-t-il. Quand en politique, on commence à mentir sur le fond des choses, ça devient grave."

Pourtant, Olivier Chastel le répète : la N-VA n'est pas pour autant blacklistée par le MR. "Je n'exclus pas de gouverner avec la N-VA, parce qu'on ne sait évidemment pas ce que l'électeur décidera le 26 mai prochain, il y aura des arithmétiques, des coalitions à composer au nord et au sud du pays, rappelle-t-il. Comme tout président de parti, mon aspiration première c’est de gagner les élections, ensuite de traduire le mieux possible mon programme électoral.

Marie Christine Marghem n'a fait marche arrière sur rien

Charles Michel a affirmé dans une première conférence de presse avec son nouveau gouvernement, qu'il fixait à l'agenda les défis climatiques. Pour Olivier Chastel, ces enjeux doivent rester prioritaires, dans la lignée de ce qu'a proposé la précédente coalition. "Il faut saluer le bilan fédéral en matière de climat", précise le président du MR, rappelant la création d'un pacte énergétique, qui devrait se traduire en plan national énergie-climat, l'accord sur le border-sharing, le renouvelable offshore en Mer du Nord, ou les "green bonds", etc. 

"Mais il y a un problème : nos ambitions climatiques internationales", admet Olivier Chastel. Pour lui, la faute vient de la Flandre, puisqu'il s'agit de compétences très largement régionales. "La Flandre ne souhaite pas réduire plus ses émissions de CO2, aller plus loin en matière d'énergie renouvelable et en matière d'efficacité énergétique." Le président du MR aimerait donc mettre en place une "Agence climat" pour coordonner ces actions.

Olivier Chastel refuse donc de rejeter la faute sur la ministre de l'Energie Marie Christine Marghem (MR), très critiquée après le recul de la Belgique sur deux directives énergétiques européennes. "Elle n'a fait marche arrière sur rien, mais elle n'a pas pu dire oui aux deux directives puisque la Flandre ne voulait pas évoluer", objecte Olivier Chastel. Désormais, il faut "concrétiser tout ce que le fédéral a déjà décidé", estime-t-il, et mettre sur la table les grands dossiers énergétiques. Objectif : "être à la hauteur de la hauteur et l'aspiration de nos concitoyens", une semaine après la marche à Bruxelles pour le climat, qui avait réuni 75.000 personnes.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK