La COP21, et après ? La conférence des superlatifs

Des paysages qui changent vite, très vite...
Des paysages qui changent vite, très vite... - © Wikimédia Commons

Ainsi donc, et en grande pompe, s’ouvrira demain la fameuse COP21. Grand’messe de l’environnement, réunion de l’ultime chance, sursaut de l’humanité… Les superlatifs s’entrechoquent, et les 139 chefs d’état et de gouvernement qui donneront le coup d’envoi ne le démentiront pas : il s’agit bien d’une conférence exceptionnelle à tous points de vue. Ne serait-ce que l’enjeu, celui d’une planète qui s’affole, unique vaisseau d’une humanité que d’aucuns décrivent à la dérive.

Pendant quinze jours, les experts d’abord, les politiques ensuite, vont se pencher sur les dérèglements climatiques provoqués par l’activité humaine, réunis en un vocable simplificateur : le réchauffement climatique. Car cela, plus personne, ou presque, ne le conteste. Le monde ne se divise plus en deux camps. Avec d’un côté ceux qui croient à cette perturbation majeure de notre système climatique : les "climatocrédules". Un barbarbarisme, j’en conviens, mais après tout, il n’a rien à envier à l’épithète dont est affublé l’autre camp, celui des "climatosceptiques" qui affirment haut et fort qu’il n’est point de péril en la demeure; que tout cela, vulgairement parlant, c’est du flan.

Mais les climatosceptiques ne sont plus qu’une infime poignée d’irréductibles. Aujourd’hui, C’est plutôt les mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement qui divisent. D’un côté, ceux qui estiment qu’il y a urgence, qu’il faut agir vite, qu’il faut contraindre. De l’autre, ceux qui temporisent, et qui refusent toute mesure contraignante.

Perplexité…

Entre les deux, la masse de spectateurs-acteurs-citoyens dont je suis. Qui tentent de se forger cette opinion indispensable à toute action politique. De comprendre aussi quelles attitudes il faut adopter face au péril. Jusque dans nos gestes quotidiens. Et là, déjà, j’avoue une certaine perplexité.

A vrai dire, la lecture des dossiers qui apparaissent un peu partout, dans la presse et sur la toile, me plonge dans les affres des classes de physique. En combien de temps, sachant l’âge du météorologue et le volume de la baignoire, celle-ci se remplira-t-elle, tenant compte aussi du diamètre du robinet, de la température moyenne de la salle de bains et du déplacement de la savonnette négligemment tombée dans la cuve ?

Cette image vaut pour le niveau des mers. Deux millimètres en plus par an, disent certains experts. Cela fait bien 20 centimètres en un siècle, me dit un rapide calcul. Pour nous, qui vivons à l’abri de nos digues, cela passe. Pour les habitants des Maldives, c’est tout autre chose.

Viennent ensuite les souvenirs des cours de chimie. Le tableau de Mendeleïev s’avère bien utile ici aussi : car tout le monde parle du CO2, ce gaz à effet de serre que nous lâchons allègrement dans notre atmosphère. Exact, mais le protoxyde d’azote, alors, je vous le demande ? Le protoxyde d’azote qui sert à entretenir les pelouses ? Et le méthane, généré massivement par le météorisme (les flatulences, si vous préférez) des moutons néo-zélandais, des vaches espagnoles ou des amateurs de soupe au choux ? Qu’en fait-on ?

Des intérêts contradictoires

Cette technicité du dossier est doublée d’un inextricable écheveau d’intérêts économiques et/ou politiques contradictoires. Les Chinois, plus gros pollueurs de la planète ? Vrai, mais pas par tête d’habitant. Tout simplement, ils sont très nombreux, et on se retrouve bien à court d’arguments lorsqu’ils remarquant que nous avons bâti, nous Occidentaux, notre prospérité sur 250 ans de pollution sans frein, eux qui se lancèrent dans l’industrialisation voici 50 ans à peine. Je passerai sur la bisbrouille interne en Belgique qui ne serait, sans mauvais jeu de mots, qu’une goutte dans l’océan, nous aurons l’occasion d’y revenir.

Et je m’interrogerais encore, pour cette entrée en matière, sur les intérêts occultes, ceux des grands groupes à l’actionnariat diffus et anonyme qui seront bien entendu présents à Paris. Les "lobbies", comme on dit. Au demeurant, parmi les mécènes qui financent en partie la conférence figurent quelques lauréats au hit-parade des gros pollueurs : Renault Nissan, BMW, EDF, pour ne citer que ceux-là. Sont-ils au Bourget par la magie d’une prise de conscience subite, par opportunisme, par souci de se racheter une virginité verte ? La COP21 nécessitera bien des décryptages…

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