COP21: optimisme à Paris, même si toutes les grandes questions politiques restent à trancher

Les ministres qui commencent à arriver dimanche au Bourget, en vue du lancement du segment de haut niveau lundi, devront trancher toutes les grandes questions politiques.
Les ministres qui commencent à arriver dimanche au Bourget, en vue du lancement du segment de haut niveau lundi, devront trancher toutes les grandes questions politiques. - © MARTIN BUREAU - AFP

L'optimisme est de mise dans les couloirs de la Conférence de l'Onu sur le climat, à Paris, après une semaine de négociations qui ont permis aux délégations des 195 pays de raccourcir et quelque peu simplifier le texte qui sert de base aux négociations. Mais les ministres qui commencent à arriver dimanche au Bourget, en vue du lancement du segment de haut niveau lundi, devront trancher toutes les grandes questions politiques qui restent en suspens s'ils veulent parvenir à un accord mondial censé limiter le réchauffement climatique à un maximum de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

"Il y a des raisons d'être optimiste", estime Peter Wittoeck, le chef de la délégation belge à Paris. "En premier lieu, la première semaine de négociations a permis de réduire fortement le texte. Plus particulièrement, la partie 'agreement' (soit le projet d'accord, NDLR) a été ramenée à une vingtaine de pages et 26 articles. Le texte est plus gérable, plus lisible même s'il reste complexe."

Base de négociations

En outre, le texte de 48 pages remis samedi au ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui préside la COP21, a été accepté par l'ensemble des parties comme base de négociations, "ce qui témoigne de la bonne volonté des parties d'avancer". Toutefois, nuance Peter Wittoeck, "toutes les grandes décisions politiques restent sur la table".

"Soyons francs: tous les sujets politiques difficiles restent non résolus", avait indiqué samedi le négociateur de l'Union européenne, le commissaire européen Miguel Arias Canete.

Noeuds gordiens

Parmi les noeuds gordiens figurent notamment la question du financement de l'aide climatique aux pays du Sud (Quelle somme? Quid d'un élargissement des pays contributeurs?), le chapitre "pertes et préjudices" concernant les dommages irréversibles et permanents dus aux changements climatiques ou encore la question du contrôle périodique du respect des engagements de réduction de gaz à effet des serre. Même la question de l'objectif de limitation du réchauffement (à maximum 2°c ou 1,5°c?) reste encore ouverte à ce stade.

Autre motif d'optimisme: les négociateurs se sont accordés sur la méthode de travail avec un groupe central présidé par Laurent Fabius et une demi-douzaine de groupes de travail co-présidés par des ministres et consacrés à des thématiques plutôt transversales. "C'est une bonne chose car plutôt que d'enfermer les discussions dans des silos, c'est horizontalement que l'on va devoir trouver des solutions", juge encore Peter Wittoeck.

Plusieurs groupes de travail doivent déjà se réunir ce dimanche après-midi.

Du côté belge, les différents ministres fédéral et régionaux sont attendus à Paris à partir de dimanche soir.

Optimisme partagé

L'optimise semblait partagé dimanche, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon estimant que la Conférence de Paris "reste sur la bonne voie". "De façon générale, nous observons une volonté et un esprit positif autour du processus", a-t-il souligné.

Pour le délégué chinois Su Wei, les négociateurs ont réuni "tous les ingrédients et les assaisonnements pour réaliser une recette". La semaine prochaine marque "le passage en cuisine", a-t-il ajouté, évoquant le travail des ministres.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK