COP21 Et après ... ? Le Temps qu'il fait, le temps qui passe

Les quatre saisons rendent hommage au Dieu Chronos - Bartolomeo Altomonte
Les quatre saisons rendent hommage au Dieu Chronos - Bartolomeo Altomonte - © Tous droits réservés

La COP21 s'est clôturée avec vingt-quatre heures de retard. Sur un projet d'accord dont chacun tente de soupeser à présent la portée. Mais cette méga-conférence, rassemblant 195 pays, des dizaines de milliers de participants, a aussi été une méditation sur le temps. Le temps qu'il fait, le temps qui passe.

La langue française ne distingue pas nettement le temps chronologique du temps météorologique, comme en anglais : ''time is money but the weather is bad''. Chez nous, beau temps, mauvais temps, le temps passe...

A Paris, ce fut pourtant une course contre la montre pour maîtriser le climat de demain. Faut-il fixer une limitation du réchauffement à cinq, quinze, vingt ans ? Quand doit-on évaluer les progrès en matière de maîtrise climatique ? Combien de temps faut-il laisser aux pays producteurs de pétrole pour changer leur fusil d'épaule, avant que les pays les plus vulnérables n'aient les pieds dans l'eau ?

Une ville éphémère

Ces débats sur le fond menés pendant près de quinze jours étaient eux-mêmes limités par le temps. Déjà, ce matin, les vendeurs de sandwichs, les stands de cafés pliaient bagage. La ville éphémère de la COP n'en a plus pour longtemps : demain, dimanche, les ouvriers seront à l'oeuvre pour la faire disparaître, laissant délégués, journalistes, observateurs, dans les décor nus des halls d'exposition du Bourget.

Le temps est aussi celui de la conscience : un diplomate belge, hier soir, confiait que c'était là un élément clef de tout le processus. Comment ''vendre'' au citoyen des décisions qui exigeront de sa part des sacrifices immédiats, pour des bénéfices lointains ? Dans un monde où l'immédiat a pénétré tous les pans de la vie, à commencer par la communication, des sujets aussi complexes ne sont pas aisés à communiquer. Et le temps des ''politiques'' n'est pas celui des ''experts'', encore moins celui des écologistes, les plus impatients, peut-être.

Bref, le temps fut un compagnon de tout instant de cette COP. Jusqu'au dernier moment. C'était particulièrement sensible dans les travées de la conférence: ''le report à demain est-il bon ou mauvais signe?'' La présentation du texte à 11 heures trente plutôt qu'à 9 heures est-elle vraiment justifié par la lenteur des traductions nécessaires? Ou nous cache-t-on quelque chose? Est-ce que cela coince quelque part?

Le jugement du temps

C'est pourtant le temps qui, en définitive, portera l'ultime jugement sur l'accord qui doit être entériné aujourd'hui encore par 195 pays et que d'aucuns, le président de la COP Laurent Fabius en tête, qualifient déjà d'historique.. Le juge sera ce ''temps long'', cher à l'historien français Fernand Braudel, qui avait bien compris qu'avant de qualifier un événement d''historique'', mieux vaut laisser le dieu Chronos faire son oeuvre...

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