L'éolienne urbaine, utopie ou réalité dans les villes du futur?

L'éolienne urbaine utopie ou réalité dans les villes du futur ?
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L'éolienne urbaine utopie ou réalité dans les villes du futur ? - © Tous droits réservés

Fonctionner uniquement sur base d’énergie renouvelable en milieu urbain, voilà une idée qui intéresse de plus en plus d’architectes, d’ingénieurs et d’urbanistes. Aux Etats-Unis, la ville de Burlington où vivent 40 000 habitants, est devenue la première ville au monde à fonctionner avec 100% d’énergie renouvelable. Ainsi, 50% de l'énergie provient de générateurs hydrauliques, installés le long du lac Champlain qui borde l'agglomération. 30% de la demande est assurée par une station de biomasse, s'alimentant principalement en "déchets bois" de la région.

Éoliennes et panneaux solaires complètent les 20% restants. Précisons toutefois que ce modèle n'est pas exportable mutatis mutandis Burlington étant une petite ville rurale proche de lieux où la production d’énergie verte est relativement aisée.

L'éolien urbain, énergie encore coûteuse

Pour produire une électricité locale et consommable directement en ville, la fonction du petit éolien urbain est une idée séduisante sur laquelle travaillent de plus en plus de chercheurs dans le domaine de l’énergie renouvelable. Un défi complexe puisque l'extraction efficace de l'énergie éolienne en milieu urbain coûte au moins deux fois plus cher que les techniques classiques.

Pour l'instant le kW/h produit en ville coûte 16 fois plus cher que celui produit en milieu rural ou les espaces sont dégagés. En effet, la proximité avec les immeubles est source de turbulences : le vent se transforme en rafales et devient difficilement exploitable sans parler des pièces mécaniques, très sollicitées, qui s'usent rapidement. En l'état actuel il est difficile de concevoir une production massive d’électricité grâce au vent en ville.

De plus, il faut tenir compte de la pollution sonore émise par celles-ci, sans oublier l’exiguïté des espaces et de la sécurité des habitants.

Des écueils que l’on tente de dépasser en étudiant différents systèmes dans des zones contraignantes où les vents sont plus faibles et surtout plus turbulents qu’en terrain ouvert.

Des aides publiques

L’Union européenne, pour sa part, finance un projet appelé Wineur (Wind Energy Integration in the Urban Environment) qui vise à tester l'efficacité de petites éoliennes en milieu urbain) et des faire le bilan sur les technologies existantes en Europe, aux Etats-Unis, en Australie au Japon et en Suisse.

L’éolien urbain a certainement de l’avenir et plusieurs projets pilotes sont mis en place dans différentes.

La rentabilité représente l’un des principaux problèmes de ce système comme le démontre les quelques exemples repris ci-dessous, il faut donc travailler sur l’objet en lui-même et tenté d’oublier la structure de l’éolienne classique à pâles pour la production industrielle.

Des idées innovantes

Une de ces structures innovantes a été justement installée à Paris durant la installée à Paris pour la COP21. Deux arbres à vent d’une hauteur de presque 10 composés de 63 mini-éoliennes biomimétiques destinées aux espaces urbains.

Chaque arbre à une capacité de 3000kWh soit les besoins en électricité de 15 lampadaires. Mais le but affiché n’est pas d’être ultra rentable mais bien exploiter ces courants d'air qui circulent en ville le long des immeubles et des rues afin d'alimenter, par exemple, une vingtaine de réverbères à leds.

À Aix-en Provence, l’éolien urbain a été adopté avec l’installation de lampadaires à vent. Lampadaire urbain qui fonctionne de manière autonome grâce à une petite éolienne et des panneaux solaires. La durée de fonctionnement quotidien est évaluée à dix heures. ​

Une volonté d'aller vers des projets ambitieux

Bien entendu il y a eu des projets plus ambitieux, dans le Nord-Pas-de-Calais une société de logement développant un programme environnemental, avait testés le petit éolien en 2006 en plaçant un système ressemblant à un batteur à œufs sur son toit. Un système n’a pas fait ses preuves puisque 3 ans plus tard, l’éolienne qui avait couté 70 000 euros pour une production annuelle de 1000 euros par an n’était plus en service pour cause de disfonctionnement. Ce fut donc une perte sèche pour la société de logement et les autorités régionales qui avaient misé sur ce projet.

En 2008, Au Bahreïn, un architecte italien a construit deux tours d’immeuble avec un système de production d’énergie à vent qui surplombe la rue entre deux bâtiments. Mais selon l’université technique d’Eindhoven au Pays-Bas la rentabilité en production énergétique est très faible par rapport aux attentes de rentabilité.

 

La Tour Eiffel en adopte deux

Sur la Tour Eiffel Deux éoliennes ont été installées au deuxième étage. Hautes de 7 mètres, avec 3 mètres d'envergure, les deux éoliennes ont une capacité de production de 10.000 kwh par an, ce qui couvre la consommation énergétique de la boutique du premier étage. 

Quid de la Belgique ?

En Belgique des éoliennes ont été testées par Sibelga à Bruxelles afin d’étudier la productivité. Mais les tests sont quelque peu faussés car cela a été fait avec des éoliennes dont la structure n’est pas été adaptée aux espaces et aux vents urbain et déclaré non rentables en 2014. Depuis, d’autres formes ont été étudiées à l’étranger.

Développer des projets pilotes pour être crédible

Par ailleurs, des architectes utopistes n’ont pas perdu espoir de voir l’éolien urbain comme Bob Starc, architecte qui installera bientôt des éoliennes urbains à la Porte de Namur à Ixelles.

"Quatre éoliennes seront installées sur l’esplanade, et une turbine sera placée dans le tunnel situé au pied de la Tour Bastion, explique Bob Starc. "Elles produiront l’électricité nécessaire pour alimenter un système lumineux sur le square."

C’est donc une de fois un laboratoire afin d’étudier les possibilités de l’éolien en ville.

Des tests bien nécessaires pour développer cette production d’énergie propre.

Mais cela prendra encore du temps, selon un article du CPCP (centre permanent pour la citoyenneté et la participation) "la plupart des recherches ne semblent pas coordonnées, donnant lieu a une situation confuse qui n’offre pas les conditions idéales pour un développement optimal des différentes connaissance à une évolution concrète" explique Julien Milquet.

Il faudra encore l’arrivée de projets pilotes sérieux pour que ce qui est aujourd’hui quelque peu utopique voit le jour.

 

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