Vous reprendrez bien une réforme de l'Etat ?

Le CD&V n’est pas repu, il a encore faim. Dans une carte Blanche qui paraît sur le site du Standaard, comme au bon vieux temps, le CD&V appelle à une nouvelle réforme de l’Etat. Il y a du beau linge à la signature, Wouter Beke, le président, les ministres Kris Peeters, Hilde Crevits... En soutient les anciens Yves Leterme, Johan Sauwens ou encore Luc Van den Brande. Objectif, donner plus de pouvoir aux entités fédérées. Pas question de re-fédéraliser quoique ce soit, comme pourtant les jeunes du parti l’avaient proposé. Parmi les grandes compétences à communautariser : les soins de santé, pour obtenir une véritable protection sociale flamande.

Objectif 2024

Sauf que tout ça ce sera pour 2024. Car le CD&V veut préparer le menu avec les autres partis flamands au sein du futur parlement du nord du pays. L’info n’est donc pas que le CD&V veut une réforme de l’Etat pour 2024. C’est surtout qu’il n’en veut pas pour 2019. Et pour éviter de brusquer ce qui lui reste de base flaminguante, il ne peut que la promettre 2024. Autant dire promettre la lune en politique. Le CD&V tente de lancer sa campagne en faisant campagne pour la prochaine campagne. 

Si le CD&V n'est pas pressé c'est qu'il ne veut pas offrir le confédéralisme sur un plateau à la N-VA. Cette sortie permet aux chrétiens démocrates de montrer aux électeurs qu’ils n’abandonnent pas le terrain communautaire à la NVa mais sans prendre le risque de donner du bois pour que les nationalistes puissent se chauffer. Le CD&V confirme donc qu’il ne votera pas de déclaration de la constitution à la chambre dans les semaines à venir, ce qui rompt avec la tradition. Le CD&V veut apparaître comme un parti gestionnaire, raisonnable par rapport à la NVa. Et demande que la chambre puisse faire des prolongations pour voter une série de textes comme la déduction fiscale pour l’assurance juridique proposée par Koen Geens, et recalée par la N-VA.

Vers une nouvelle réforme de l'Etat? 

C’est donc le parlement flamand qui va en décider comme il l’avait fait en 1999. A l'époque les résolutions du parlement Flamand ont étés votées à une très large majorité. Elles avaient conduit à une bonne décennie de discussions communautaires et l’accouchement dans la douleur d’une sixième réforme de l’Etat. En 1999, les francophones avaient largement snobé l’initiative. Ils s’étaient cantonnés à un “demandeur de rien” plutôt arrogant et commis une grave erreur de jugement, l’histoire politique l'a montré. Le CD&V propose aux francophones de faire de même dans leurs parlements, d'échafauder leurs demandes, leurs visions de l’organisation institutionnelle. Ce serait stupide de commettre la même erreur qu'en 1999. Malgré l’aversion bien compréhensible d’une partie du public francophone à l’idée d’une nouvelle réforme de l’Etat, on a tout intérêt à y réfléchir. Nous devons choisir ce que l’on veut pour ce pays, plutôt que de subir, une nouvelle fois la vision du nord du pays. 

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