Voka: la symphonie inachevée

Voka : la symphonie inachevée
Voka : la symphonie inachevée - © Tous droits réservés

Hier soir, le Voka, le patronat flamand, a fait part de ses priorités. Depuis que Bart De Wever a dit “Mon patron, c’est le Voka”, tout le monde, et surtout les francophones d’ailleurs, écoute quand le Voka parle. Et que dit le patron des patrons flamands? Et bien qu’il n’est pas très content de son autoproclamé employé N-VA. Pas très content que le gouvernement soit tombé sur le thème de la migration.

Cela dit, le patron n’est pas trop dur. La N-VA n’est pas seule responsable et reste très attachée au socio-économique se rassure-t-il dans les colonnes du Soir et de L'Écho. Ce gouvernement est une symphonie inachevée dit le président du Voka. Il cite Schubert qui n’a pas terminé sa 8ème symphonie. Ce qui l’a d’ailleurs rendu célèbre, en passant. On ne sait pas pourquoi Schubert n'a pas terminé cette symphonie. C’est un des grands mystères de l’histoire de la musique qui fait toujours couler pas mal d’encre aujourd’hui. Reste donc que pour le patronat flamand, cette suédoise, c’est une symphonie inachevée, un grand espoir déçu qui appelle donc forcément une suite…

Le Voka pour une nouvelle suédoise? 

Le Voka ne fait pas d’exclusive et surtout pas de romantisme à la Schubert. Il appelle les partis, les politiques quels qu’ils soient, à continuer les réformes : flexibilité du travail avec le Jobs deal, énergie, réforme des pensions, baisse des cotisations patronales sur les bas salaires, pacte climatique, mobilité, numérique, le tout sans laisser filer le budget comme c’est le risque aujourd’hui.  

Du socio-économique uniquement, pas d’institutionnel. Bref, le Voka écrit lui-même la partition du dernier mouvement de la symphonie inachevée. Comme il a largement inspiré les premiers mouvements, il n'a pas de raison de s'en priver. 

Mais le Voka doit bien se rendre compte que Bart De Wever lui a menti. Non, le Voka n’est pas le patron de la N-VA. Le Voka n’est en tous cas pas son seul patron. L’autre patron de la N-VA est l’opinion publique flamande de droite, particulièrement sensible au thème de la migration et qui pousse le Vlaams Belang à la hausse. Il a toujours été là ce patron. Il est juste de plus en plus fort à l'approche des élections. La N-VA a encore un troisième patron, les milieux nationalistes flamands. Ces trois piliers, ces trois patrons ont toujours été là. Simplement, le Voka doit bien constater qu’à l’approche des élections, il a perdu en influence.

Le dernier mouvement ? 

Alors, le Voka évite bien de se fâcher, de pointer un responsable de l’irresponsabilité gouvernementale actuelle. Car, c’est difficile d’imaginer que la symphonie inachevée puisse être achevée par un autre compositeur que Schubert. Après sa mort, plusieurs ont tenté de terminer cette symphonie, mais sans vraiment de succès. Si on pousse la métaphore du Voka, les seuls à pouvoir reprendre la partition, c’est donc ceux qui l’ont écrite. Ecolo et le PS, Wagner ou Berlioz voudront une autre fin...voire même réécrire la partition. Alors le Voka la joue pianissimo avec la N-VA.  

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