Virée de la cafet' pour cause de bébé: un fait révélateur des inégalités

Virée de la cafet' pour cause de bébé: un fait révélateur des inégalités
Virée de la cafet' pour cause de bébé: un fait révélateur des inégalités - © Tous droits réservés

L'expulsion de la députée MR Laetitia Brognez de la cafétéria des parlementaires au Parlement wallon, jeudi dernier à Namur est éclairante à plusieurs égards. C’est le greffier de l’institution qui a pris cette décision lorsqu’il a constaté que la jeune femme s’y trouvait avec son bébé âgé de cinq semaines. Une attitude considérée par les députés présents comme incompréhensible. Au-delà, du clash qui a opposé les la députée au greffier, cette affaire rappelle que le sexisme est répandu partout et pas seulement dans les quartiers populaires, mais aussi dans les lieux feutrés du pouvoir.  

Conciliation vie privée-professionnelle : un défi pour les femmes

Cette histoire montre encore pour les femmes, la difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle. Ce sont les femmes qui portent encore la majorité des tâches ménagères, des soins aux personnes, et l’éducation des enfants. Nombreuses sont les femmes qui arrangent leur temps de travail en fonction de la famille et jonglent comme elles peuvent lorsqu’elles sont confrontées à un imprévu. Cette ancienne journaliste d’ailleurs, raconte à ce sujet, qu’il était beaucoup plus facile de dire qu’elle devait aller chercher la voiture au garage, que de dire : " mon compagnon ne sait pas aller chercher les enfants à la crèche aujourd’hui ". Les femmes doivent se débrouiller pour tout concilier. Cela reste leur problème.

Le retour de la charge mentale

Cet événement révèle aussi ce qu’est la charge mentale que portent les mères actives en couple car en plus des tâches domestiques, elles doivent penser à tout, tout le temps, pour la bonne marche de la maison et le bien-être de la famille. Car ce sont elles qui, majoritairement, gèrent la rentrée scolaire, inscrivent les enfants dans les activités paracolaires, supervisent les devoirs. Intendantes, cheffes de projet, directrices de la logistique de la maison, ambassadrices de la famille. Pour échapper à  ces contraintes sur  le  temps,  les  plus  privilégiés,  hommes  et  femmes, pourront  sous-traiter  une  série  de  tâches  considérées  comme  secondaires  comme le nettoyage,  à  d’autres  personnes, souvent  des  travailleuses  précaires, souvent des femmes issues de l’immigration. Les femmes jouent donc clairement le rôle de variable ajustable dans la sphère  privée  comme  sur  le  marché  du  travail  et  en subissent   toutes   les   conséquences,   notamment   un   fréquent   épuisement   mental   et physique. Il est donc urgent de repenser l’implication des hommes dans l’éducation des enfants mais aussi dans la gestion du quotidien dès leur naissance. Car on peut éduquer sans prendre en charge le quotidien.

Allongement du congé de paternité

C’est la voie qu’a choisie l’Espagne, en tout cas, l’an dernier, pour “lutter contre la discrimination et les inégalités hommes-femmes”, les congés paternité et maternité ont désormais une durée égale : seize semaines. En Suède, les deux parents disposent ainsi de 480 jours chacun – un record. En Belgique, les mères ont droit à quinze semaines de congés pour s’occuper de leur nouveau-né, et les pères ont la possibilité de prendre jusqu’à dix jours de congé de paternité. C’est peu. Pourtant 60% des pères ou futures pères, selon une étude de la ligue des familles selon une récente étude de la ligue des familles souhaitent obtenir autant de jours de congés de paternité que les mamans. Les hommes sont demandeurs. Le congé de paternité devrait être une obligation et pas seulement une possibilité, car sinon beaucoup d'hommes n'osent pas le prendre de peur que ça nuise à leur carrière.

 

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