Vers un troisième confinement ?

Faut-il fermer les écoles ? La question s’est posée fin de semaine passée et risque de se reposer cette semaine. +42% d’augmentation de cas de Covid ce lundi matin. 3867 cas positifs en moyenne par jour, la courbe des contaminations poursuit son ascension vertigineuse et incontrôlée. Cette semaine le débat va avoir lieu : faut-il un troisième confinement, un lockdown comme lors de la première et de la seconde vague ? Faut-il se résoudre à ce que l’Italie et la France ont dû faire ?

Le problème c’est que personne, rue de la loi, ne veut assumer un troisième lockdown, persuadé que la population n’en peut plus. Le ministre de la santé évoque la nécessité de mesures complémentaires mais sans utiliser ce mot qui même pour lui serait synonyme d’échec. On risque donc de tourner autour d’un confinement qui ne sera pas un confinement. Et c’est dans ce contexte-là que se pose aujourd’hui la question de la fermeture des écoles.

Tir de barrage

La fermeture des écoles est souhaitée par Frank Vandenbroucke. Pour appuyer sa demande il avance des chiffres. Les 10-19 ans sont la catégorie la plus fortement touchée par le virus. Un tiers des contaminations ont lieu à l’école. Mais les ministres de l’enseignement en front commun refusent catégoriquement estimant que ce serait un très mauvais signal. N-VA côté flamand, PS côté francophone en font un tabou politique. L’idée que l’on retrouve beaucoup côté socialiste c’est qu’il serait injuste de fermer les écoles mais de laisser les centres commerciaux ouverts et les entreprises deuxième lieu de contaminations sans mesures restrictives complémentaires.

Si PS et N-VA se retrouvent à défendre la même chose c’est parce que, au-delà de l'importance de l'enseignement et du bien être des enfants, il y a un réflexe sectoriel. Comme les autres ministres avant eux, ils défendent leur secteur. Ainsi les libéraux qui ont les classes moyennes refusent la re-fermeture des métiers de contact et de commerces non essentiels. Les ministres de la culture plaident pour une réouverture rapide de la culture. Mes tous ces réflexes sectoriels ne font pas une politique sanitaire, c’est bien le problème. Et le ministre de la santé, Frank Vandenbroucke ne peut que le constater.

Confinement égalitaire

L’avantage du premier confinement c’est qu’il était très complet, radical, donc assez égalitaire. L’aspect arbitraire de la décision politique était dissous dans l’idée que tout le monde était logé à la même enseigne. C’était déjà un peu moins le cas à la deuxième vague. L’idée a été de tout faire pour préserver l’école. Donc la répartition de l’effort s'est concentré sur la bulle de contact, l’horeca et la culture. Des secteurs qui, à juste titre, estiment en baver.

Ce modèle belge à permis d’éviter de longue période de fermeture scolaire. C’est un choix de société que n’ont pas fait des pays comme l’Allemagne par exemple.

Le problème c’est que ce modèle est aujourd’hui mis sous pression. Dans les prochains jours il faudra peut-être se résoudre à le considérer comme dépassé. Avec la question quels robinets faut-il fermer ? La question de la fermeture des écoles, une semaine avant Pâques, se reposera. Est-ce que seules les écoles devront prendre leur part de l’effort ? Ou est-ce que d’autres secteurs vont devoir fermer pour arriver à une forme de confinement ?

Une stratégie ? 

Et bien tout dépend de l’objectif que la Belgique se fixe. Est-ce qu’il faut baisser drastiquement le nombre de contamination ? Alors la fermeture des écoles et des commerces non essentiels est quasi inévitable. Ou est-ce qu’on fait le gros dos ? On laisse faire l’épidémie en espérant que cette troisième vague soit moins forte que la deuxième grâce à la vaccination et le retour progressif du beau temps et des vacances de Paques.

En fait, c’est à cette question-là que les politiques doivent répondre, avant toute autre. Stratégie de la diminution ou du gros dos ? Que voulons-nous faire ? Où allons-nous ? Sans stratégie, il n’y aura qu’un fatras de tabous, de lobbying, aucune mesure n’aura vraiment du sens et bien sûr aucune mesure ne sera comprise.

Ce sera comme décider d’imposer le côté fenêtre dans les trains vers la mer. Une mesure qui cache mal la pression des bourgmestres côtiers pour voir moins de classes populaires bruxelloises et wallonnes se rendre à la Vlaamse Kust. Sans finalité claire décidée cette semaine, les décisions risquent fort de ne ressembler à rien. Elles risquent aussi d’être injustes.

 

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