Vers un duel fratricide au MR ?

Vers un duel fratricide au MR ? 
Vers un duel fratricide au MR ?  - © Tous droits réservés

Le MR s’apprête à se choisir un nouveau président. Et qui que ce soit, c’est une révolution qui se prépare. Quoi qu’il arrive, il n’y aura pas de continuité. Il y aura une rupture. Parce que les départs de Charles Michel et de Didier Reynders c’est la fin de presque 15 ans de duopole à la tête du parti. Si on considère que Charles Michel lui-même s’inscrivait dans la continuité de son père Louis, on peut dire que ce duopole dure depuis 25 ans, depuis la mort de Jean Gol en 95.

25 ans donc que duopole Michel-Reynders domine la vie politique libérale. 25 ans qui ont profondément structuré le parti en deux clans. Cette histoire est bien connue. Ces clans ont diminué en importance aujourd’hui tant la domination de Charles Michel a été forte ces dernières années. Mais ces fractures sont toujours présentes, c’est certain.

Présidentielle à hauts risques ?

Depuis que Willy Borsus a choisi la Wallonie plutôt que la présidence, le parti est un peu désemparé. Willy Borsus était le candidat naturel pour une grande majorité de libéraux. Le jeu est donc ouvert, ce qui présente un risque de division. Même si, il faut le constater, la clef de lecture michelien contre reyndersien est moins efficace qu’avant pour comprendre ce qui se passe au MR.

Faisons le point. Pour l’instant le seul candidat officiellement déclaré c’est Denis Ducarme. Le ministre fédéral est un proche de Charles Michel. Mais, rien n’est simple, car son père, Daniel Ducarme, s’était violemment opposé au clan Michel lors du Putch de 2010 contre Didier Reynders. C’est lui qui lors d’une réunion de crise a crié à Willy Borsus qui demandait plus de respect de la part de Didier Reynders “ton respect je le crache par la fenêtre”.

GLB for president ?

Il faudra voir qui se présente contre lui. On parle beaucoup, beaucoup, beaucoup de Georges Louis Bouchez. Lui aussi est un proche de Charles Michel. Tellement proche qu’il se dit partout qu’il aurait son soutien pour se présenter, et qu’il aurait son soutien pour être élu, ce qui serait un avantage considérable. Or, Georges Louis Bouchez est à la base le fils spirituel de Didier Reynders, il vient de son écurie, il est passé par son cabinet, c’est lui qui lui a tout appris.

Les deux hommes sont plutôt clivants. Si ce duel se précise il est assez probable qu’un autre candidat se présente comme troisième homme ou troisième femme pour l’arbitrer. Le député-bourgmestre de Crisnée, Philippe Goffin y pense en se rasant.

Duel de personnes

Le problème de ce duel Ducarme-Bouchez, c’est qu’il est d’abord un duel de personnes avant d’être un duel de fond. Sur l’immigration, sur la sécurité, sur l’économie, le social, les deux hommes ne sont pas fondamentalement opposés. Georges Louis Bouchez est sur certains points plus ouverts a des idées comme la légalisation du cannabis ou l’allocation universelle. Denis Ducarme incarne, lui, un courant plus classique.

Mais ce qui les oppose c’est avant tout un sérieux différend personnel dans le Hainaut. Georges Louis Bouchez a beaucoup reproché à Denis Ducarme (qui dirige le MR hennuyer) de lui avoir souvent barré la route. Ce fut encore le cas dernièrement avec une mauvaise place sur les listes. Et l’origine de ces tensions remonte, elle, bien à la période tendue entre michelien et reyndersien.

De l’eau a coulé sous les ponts libéraux depuis on l’a dit. Mais entre ces deux-là, la rancœur se cache aussi mal qu’une baleine sous un caillou.

Vers le clash ?

Le risque d’un duel fratricide est donc bien réel. Pour l’éviter les deux candidats vont devoir rassurer. C’est pour cela que la réflexion avance non seulement sur le nom d’un nouveau président, mais sur une nouvelle manière d’exercer le pouvoir en interne. Un mode de décision plus collégial qui apaise l’intérieur du parti et permette au nouveau président de s’assurer du soutien des principaux leaders. C’est sans doute, sur cette capacité à rassurer que va se jouer l’élection au MR.


 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK