Vendredi 13: BDW, la face cachée de BHV

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Voter la scission de BHV, qui a apporté tant de "malheurs" à la classe politique belge, un vendredi 13, fallait pas être superstitieux !! Le problème Bruxelles-Hal-Vilvorde ne met pas fin aux contentieux communautaires pour autant. Bart De Wever attend son heure.

On saura vite si voter la scission de BHV un vendredi 13 porte la poisse ou pas, à ceux qu’ils l’ont voté !

Il est tout d’abord évident que la Belgique n’en a pas terminé avec ses tensions communautaires. Les CD&V Peeters et Beke ont rappelé dès avant le vote sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, qu’une nouvelle réforme de l’Etat serait nécessaire. Sans avancer de nouvelles revendications, d’ailleurs, juste pour le principe, en quelque sorte.

Les différents votes autour de BHV devront être prolongés par des mises en œuvre très délicates. Ainsi notamment, la réorganisation de l’arrondissement judiciaire va coûter cher et la Justice peine déjà à trouver des moyens. Reste aussi à faire accepter les magistrats francophones à Hal-Vilvorde !

Les communales serviront de premier test.

 Dans quelle langue, les bourgmestres de Linkebeek, Crainhem ou Wezembeek-Oppem enverront les convocations électorales ? Si, comme d’accoutumée, ils le font dans la langue de l’électeur, leur ministre de tutelle (le N-VA Geert Bourgeois !) se fera un plaisir de contester leur nomination devant le Conseil d’Etat. Nouveau carrousel attendu !

Il est prévu que l’on crée une communauté métropolitaine autour de Bruxelles. La N-VA (qui fait partie du gouvernement flamand) n’en veut pas ; Peu de chance que cette communauté voit le jour rapidement.

Mais le 14 octobre redistribuera également les cartes entre les partis flamands. Ces derniers semblent résignés à la victoire de la N-VA, à devoir à composer avec elle dans les communes et provinces et donc à la ménager reportant d’éventuelles ambitions ( ?) au méga-scrutin (régions+législatives+européennes) de juin 2014. C’est dans ce contexte particulier qu’il faudra faire passer le " plus lourd " de cette 6ème réforme de l’Etat : les transferts de compétences (santé, emploi, allocations familiales) et la nouvelle loi de financement, qui accroît l’autonomie fiscale et diminue les moyens de Bruxelles et de la Wallonie.

Dans ce contexte, Bart De Wever attend son heure. Il a déjà fait du 14 octobre la revanche du dernier accord communautaire.

Pour l’heure, Elio Di Rupo a sans doute raison de ne pas bouder son plaisir. La mise sur pied de l’actuel gouvernement a sans doute évité à la Belgique de basculer dans la crise politique et financière. Les historiens lui en sauront sans doute gré dans un futur lointain mais pour l’instant, il apparaît surtout que le Premier Ministre  " a acheté du temps " afin de mettre des réformes en œuvre et faire en sorte que ce pays " tienne " jusqu’en 2014 avec le secret espoir que cela permettra de faire reculer les velléités autonomistes en Flandre. Rien n’est moins sûr à ce stade et pas sûr non plus qu’Elio Di Rupo ne reste pas très longtemps  Premier Ministre en affaires courantes après les élections de juin 2014.

Même si BHV rejoint Fourons ou le 107 quater dans le musée de la Vie Politique belge…

Philippe Walkowiak

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