Van Ranst "vs" Bouchez, Cassandre et le Roi Jaloux

Certains experts sont-ils trop catastrophistes ? La question se pose après cette petite phrase du virologue flamand Marc Van Ranst disant qu’il n’y avait pas de perspective pour les coiffeurs. Une petite phrase qui fait sortir Georges Louis Bouchez de la Toison d’or.

Dans la Libre ce matin le président du MR y va d’une tirade. Marc Van Ranst est accusé d’être catastrophiste. Pour GLB, le Virologue puisqu’il est membre du GEMS, le groupe d’experts qui conseille le gouvernement et payé par lui, serait tenu à un devoir de réserve. Or dit Georges Louis Bouchez :

Quand la décision politique ne lui plaît pas, il agit comme un membre de l’opposition. Marc Van Ranst doit arrêter de jouer les Cassandre

C’est un vieux conflit, qui ressurgit. Depuis quasiment le début de la crise, le MR a ciblé Marc Van Ranst, son poids dans la prise de décision, son poids médiatique aussi. Cela à conduit le gouvernement de Sophie Wilmès à dissoudre le GEES le premier groupe d’experts sur le déconfinement jugé “hors-sol”, pour mettre sur pied le plus pragmatique CELEVAL. Un groupe sans Marc Van Ranst et surtout avec plus de non scientifique pour contrecarrer le poids des experts médicaux.

Le CELEVAL a été emporté par la deuxième vague et par l’arrivée de Frank Vandenbroucke qui a recréé une structure, le GEMS ou Marc Van Ranst à fait son retour. Pour le MR cibler Marc Van Ranst c’est aussi cibler Frank Vandenbroucke et continuer une ligne de particip-opposition entamée depuis quasiment le début de l’entrée en fonction du gouvernement De Croo. Rien de vraiment nouveau donc.

Un vrai Cassandre ?

Rien de nouveau du côté du MR, rien de nouveau non plus du côté de Marc Van Ranst. Depuis un an il truste les plateaux TV où il n’hésite pas à se montrer très anxiogène. Cette attitude, certains de ses collègues experts la lui reprochent, sous le manteau. Certains politiques aussi, Georges Louis Bouchez est un des rare à le dire publiquement. Cela dit, prenons cette dernière intervention de Marc Van Ranst sur les métiers de contact. Elle a beau être abrupte elle est fondée sur des faits, la réouverture était conditionnée. La décision du comité de concertation stipulait “si la situation épidémiologique continue à évoluer positivement”. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Marc Van Ranst a donc bel et bien joué les Cassandre.

En effet, il faut le rappeler, Cassandre avait toujours raison. Fille du roi Priam de Troie, elle a reçu d’Apollon le pouvoir de prédire l’avenir. Mais Apollon, éconduit par Cassandre, décide que ses prévisions, pourtant véridiques, ne seront jamais crues. Elle prédit donc que Troie sera prise par les Grecs, mais personne ne la croit. Elle prédit la mort du tombeur de Troie le Roi Agamemnon qui voulu la prendre comme nouvelle épouse, et bien sûr il ne l’a pas cru. Elle prédit même sa propre mort, assassinée par l’épouse jalouse du roi.

Si on prend au mot Georges Louis Bouchez, si Marc Van Ranst joue les Cassandre ça veut dire qu’il dit la vérité. Cela veut dire aussi qu’un Roi ou qu’un Dieu, un puissant jaloux de Cassandre ne veut pas qu’on la croie.

Bras de fer

Cette saillie contre Marc Van Ranst annonce en tout cas un bras de fer politique important autour des coiffeurs, et des métiers de contact le 13 février. Car le président du MR continue à contester le bien-fondé des éléments scientifiques fondant la décision de fermeture. Toujours dans la libre il a cette phrase :

La première chose qui me frappe c’est l’absence d’études scientifiques sur la propagation du virus. Les études dont vous parlez sont juste des constats chiffrés.

Il est vrai que le GEMS n’a pas produit sur les métiers de contact une étude randomisée, en double aveugle, très qualitative. Mais il existe, entre autre, des données de l’ONSS qui montrent que les travailleurs des métiers de contact sont plus contaminés que les autres. Des données chiffrées, insuffisantes aux yeux du président du MR qui pose la question : Pourquoi ne pas avoir fait des études ? Bonne question, mais d’ici deux semaines on n’en aura pas. On aura que des simples “données chiffrées”.

Il faudra pourtant décider. Et sans vouloir jouer les Cassandre, ce qui va se passer est simple. Il y a plein d’arguments pour rouvrir, il y en a d'autres pour fermer. Les différents gouvernements vont donc débattre de l’opportunité de rouvrir ou non en vertu du principe de précaution, entourés d’une part d’incertitude.

Pour se guider dans cette incertitude ils peuvent faire deux choses. Se baser autant que possible sur les données chiffrées et des faits ou se baser sur les opinions de Georges Louis Bouchez.

 

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