Urgence ou indécence?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La première réunion budgétaire des partis censés former la prochaine coalition aura finalement duré moins de 3 heures ! Le formateur verra chacun individuellement avant d'enfermer tout le monde vendredi pour un conclave budgétaire, paraît-il décisif et au finish !!

Il paraît que nous sommes en effet dans une de ces semaines cruciales dont ce Royaume a le secret !

En plus de 500 jours de discussion, le public a un peu de malà croire encore à l'urgence.

Déjà dans son discours de Noël 2010, le roi Albert II évoquait la nécessité d'aboutir rapidement.

Chez nous, l'urgence est devenue une notion très relative et à force de l'agiter à tout bout de champ, elle perd quelque peu de sa pertinence.

Yves Leterme répétait encore ce week-end qu'il fallait faire vite... mais c'est ce même Yves Leterme qui prétendait il y a peu que la Belgique devait disposer absolument d'un budget pour le 16 octobre sous peine des pires maux.

A force, la classe politique belge finirait par ressembler un peu à ces sectes millénaristes qui annoncent régulièrement la fin du monde... A la fin, plus personne n'y croit!

Pourtant, cette fois-ci également le temps presse. Les mauvaises nouvelles s'accumulent au niveau européen. Plusieurs pays doivent aussi prendre des mesures...

Il paraît que cette fois-ci, croix de bois, croix de fer c'est urgemment urgent !

Hier soir, dans son communiqué, le Palais demande un accord dans un délai rapide !

Un peu comme dans presque tous les communiqués royaux depuis 10 mois.

Mais cette fois, il paraît qu'il faut éviter les douzièmes provisoires qui font mauvais genre auprès des marchés internationaux.

Pour avoir un vrai budget 2012, voté dans les temps au Parlement, il reste une grosse dizaine de jours pour ficeler un budget ET surtout disposer d'un vrai gouvernement pour le présenter.

Reste à se mettre d'accord sur les mesures d'économies, on a trouvé les 5 premiers milliards... les plus faciles à trouver, il suffisait de prolonger le plus souvent les mesures existantes.

Reste donc à trouver les autres, comme partout en Europe.

La France de Sarkozy passe aussi à l'austérité, notamment en augmentant les impôts des sociétés, la taxation sur les dividendes et l'épargne ou en ré-augmentant la TVA sur la restauration  et la rénovation.

Pas sûr que les libéraux de chez nous, fans du président français, s'y reconnaissent.

La plupart des pays européens croulent sous leurs dettes et pour y parer, le catalogue des mesures est relativement restreint.

De quoi peut-être, enfin, agir rapidement chez nous...

A trop crier à l’urgence depuis 500 jours, cela frise l’indécence.

Philippe Walkowiak

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