Un vert, ça va. Deux verts, bonjour les dégâts !

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le formateur a donc dû céder au chantage de l’Open-VLD et du CD&V : les écologistes du Nord et du Sud du pays ne feront pas partie de la prochaine coalition gouvernementale.

Ces derniers n’en semblent pas outrageusement marris pour autant. Ecolo n’a pas gardé de très bons souvenirs de son passage au fédéral entre 1999 et 2003. Dans cette coalition arc-en-ciel, il n’était pas non plus arithmétiquement nécessaire, PS et MR ne sont pas privés de lui faire sentir pendant 4 ans. Cette fois, la présence d’Ecolo était souhaitée par les francophones, pas celle de Groen! par deux des Flamands.

Avec plus de 20 milliards d’économies à réaliser d’ici 2015, dont près de la moitié dès l’an prochain, la vie gouvernementale ne sera pas une sinécure.

La nouvelle coalition penchera plus à droite, Ecolo et Groen! auront beau jeu de dénoncer les mesures "antisociales", trouvant dans des syndicats en pleine campagne pour les élections sociales, des alliés de circonstance. Les socialistes risquent alors d’être quelque peu malmenés, Elio Di Rupo aura face à lui une opposition francophone de "gauche" au niveau fédéral.

En Flandre, l’opposition sera plus radicalement de "droite", Groen! ne pesant que 7% de l’électorat. C’est le paradoxe du putatif futur gouvernement Di Rupo, il sera trop à droite pour les uns et trop à gauche pour les autres.

Il n’aura pas non plus de légitimité en Flandre. L’aile flamande de la future coalition ne rassemble que les grands battus du dernier scrutin qui ne représentent que 46,6 % de l’électorat flamand.

Elio Di Rupo va donc se retrouver à la tête d’une coalition qui penche au centre-droit et qui n’a pas de légitimité démocratique en Flandre ! De plus, la détermination du VLD à éjecter les écologistes s’expliquait par la volonté d’imprimer une marque très libérale au futur gouvernement fédéral. Pas sûr que le PS se laisse faire aussi sur ce coup-là. Les tractations sur le programme socio-économique risquent rapidement d’être très tendues.

Va donc pour une tripartite classique avec les trois familles traditionnelles de notre histoire politique. Hormis une brève expérience Martens III en 1980, la dernière tripartite remonte à 1973 : un président wallon du PS devenait alors locataire du 16 rue de la Loi. A 57 ans, Edmond Leburton accédait à la plus haute fonction de sa carrière.

Bientôt, Elio Di Rupo fera le même trajet entre le boulevard de l’Empereur et la rue de la Loi pour diriger lui aussi une tripartite. Mais à 60 ans, on ne sait si cela résonnera comme le couronnement d’une carrière.

Edmond Leburton avait dû démissionner un peu moins d’un an après avoir prêté serment…

Philippe Walkowiak

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