Un Hainaut Bleu Marine

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La droite de la droite mobilise. Pas moins de trois présidents de parti se sont parachutés sur le Hainaut, avec l'espoir de bénéficier d'un effet Le Pen?

Le Hainaut attire la droite de la droite… Paradoxe pour la terre la plus rouge du pays ?

En effet, les trois leaders des petites formations (Debout les Belges, Parti Populaire et La Droite) se présentent dans la principale circonscription wallonne.

Mischaël Modrikamen (Parti Populaire), Aldo Mungo (La Droite) et Laurent Louis (Debout les Belges) seront tête de liste à la Chambre, alors qu’ils n’y sont pas domiciliés.

Une terre d’extrême-droite

Mais cet intérêt pour le Hainaut est loin d’être tout à fait désintéressé.

Tout d’abord, arithmétiquement, c’est là qu’il est le plus " facile " de décrocher un siège. Avec un peu plus de 6%, il est possible d’envoyer un député au Parlement alors qu’à l’inverse il en faut plus de 20 dans le Luxembourg.

Le Hainaut délègue 18 députés (19 jusqu’en 2010) à Bruxelles pour seulement 4 pour le Luxembourg.

De plus, le Hainaut s’est régulièrement choisi des députés d’extrême-droite ces 20 dernières années. Le Front National y a connu de beaux jours malgré sa totale inconsistance politique. Dernier exemple : 7,87% en 2007 avec 1 député comme en 2003 où le Front National (7,2%) faisait même mieux qu’ Ecolo (6,39%) !

D’une certaine manière, cet électorat, qui s’est quasiment volatilisé en 2010 (2,79% pour le FN) existe bien quelque part et le vote protestataire à droite pourrait à nouveau se manifester, même si le contexte particulier des affaires politico-financières pèse nettement moins aujourd’hui.

Parti Populaire, Debout les Belges et La Droite comptent aussi capitaliser sur un effet Marine Le Pen qui pourrait déborder la frontière, même si actuellement le seul parti que soutient ouvertement en Belgique la leader frontiste c’est … le Vlaams Belang !

Affrontements à droite

Mais si effectivement, il y a un " potentiel " en Hainaut pour ce genre de formations au point que trois présidents de parti s’y parachutent, ces listes risquent finalement de s’annuler. Le Front National jouissait d’un quasi-monopole à la droite de la droite, sans aucune personnalité médiatisée, bénéficiant du seul effet français.

La lutte risque d’être féroce entre les trois formations où on surfera pêle-mêle sur le mécontentement, le rejet des partis traditionnels, un haut taux de chômage qui ne baisse pas ou l’insécurité.

Selon les sondages, l’électeur wallon se détournerait de plus en plus des quatre partis traditionnels, tous au pouvoir de près ou de loin. Le PTB paraît bien se porter à la gauche de la gauche; à l’autre extrémité de l’échiquier politique, d’autres formations tentent également de percer avec le Hainaut en test grandeur nature et faire exister comme en France une autre force que les formations traditionnelles.

 

Philippe Walkowiak

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