Un débat qui fait flop, flop, flop...

Un débat qui fait flop, flop, flop...
Un débat qui fait flop, flop, flop... - © Tous droits réservés

"Flop, flop, flop" contre "job, job job", c’était le match hier à la Chambre entre Elio Di Rupo et Charles Michel. Comme prévu, il fut animé. Peut-être un peu plus que prévu puisque le Premier ministre a décidé d’interrompre plusieurs fois l’ancien Premier ministre. Elio Di Rupo voulant apporter les vrais chiffres contre la désinformation, Charles Michel voulant en finir avec les contrevérités.

Que retenir de cet échange houleux ?

D’abord qu’il n’était sans doute pas opportun de maintenir cette déclaration sur l’état de l’Union à quelques jours des élections. L’échange tenait plus du cinéma pré-électoral qu’autre chose. Il était pourtant possible et souhaitable de la reporter. La Constitution prévoit bien la réunion des Chambres au deuxième mardi d’octobre, mais le reste, le discours du Premier et les débats qui s’ensuivent sont "de tradition". Ils ont déjà été reportés, ils auraient dû l’être.  

Ce fut le cas lors des dernières élections communales en 2012. Elio Di Rupo avait alors reporté sa déclaration au 21 novembre, il faut dire que les difficultés budgétaires de l’époque y étaient pour beaucoup aussi. Guy Verhofstadt l’avait fait aussi en 2006 pour pacifier la vie politique. 

Cette année, le Premier ministre a préféré la maintenir avec le risque d’interférence avec la campagne communale.

Propagande gratuite

Elio Di Rupo reproche à Charles Michel d’utiliser cette déclaration pour faire de la propagande gratuite à son parti le MR. Il s’est donc invité à la Chambre et s’est imposé dans l’agenda. Il est de tradition que ce sont les chefs de groupe qui répondent au Premier ministre. Mais Elio Di Rupo a tenu à monter à la tribune. Au minimum pour montrer qu’il est bien le patron à quelques jours des communales de Mons. Certains y voient même son intention de montrer que c’est bien lui qui mènera la maxi campagne de 2019. D’autres, enfin, y voient l’inverse, un dernier baroud d’honneur avant de céder le flambeau au cœur de l'automne.

Du côté de Charles Michel, on sent cette volonté de lutter pied à pied sur les chiffres et de tenter d’associer le PS au populisme et au PTB, il a dit hier à Elio Di Rupo "vous n’avez pas une once de populisme vous en avez des tonnes (Sic !), Raoul Heddebouw sort de ce corps (re-Sic!)"

Séquence polarisation donc hier, séquence qui est censée souder les bases électorales du PS et du MR. Par contre, hormis les convaincus hier, personne n’a sans doute trouvé dans ce spectacle de quoi se forger une opinion nouvelle sur les deux hommes, et plus important encore, sur la situation réelle du pays.

 

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