Un "Copacabana" plaisant et un Ben Stassen trop conventionnel

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Parmi les sorties de la semaine, Hugues Dayez a pointé un film franco-belge remarqué à Cannes: "Copacabana" avec Isabelle Huppert et sa propre fille, Lolita Chammah. Ainsi qu'un film d'animation 100% belge : "Le voyage extraordinaire de Samy".

"Copacabana"

"Copacabana" explore un thème éternel : les relations mère/fille. D'un côté, il y a Elizabeth surnommée Babou : une quinquagénaire fantasque et fauchée, dont on devine rapidement le passé bohème et tumultueux. De l'autre, il y a sa fille, Esméralda, qui a visiblement souffert d'être ballottée par sa mère d'un endroit à l'autre pendant toute son enfance et qui, à 22 ans, aspire à une existence stable et s'apprête à se marier.

Le problème, c'est que la fille a honte de sa mère, et la décourage de venir assister à son mariage. Alors la mère, dans un sursaut de fierté, veut retrouver un travail pour pouvoir offrir une beau cadeau à sa fille. Et voilà Babou qui accepte un boulot ingrat de démarcheuse pour vendre des appartements en time-sharing à Ostende. Mais c'est l'hiver, et les clients sont rares.

Pour incarner le duo de sa comédie douce-amère, le réalisateur et scénariste Marc Fitoussi a eu la très bonne idée de convier Isabelle Huppert et sa propre fille Lolita Chammah. Et c'est réjouissant de voir Huppert incarner cette femme à la fois fantaisiste, tour à tour agaçante et généreuse, drôle et émouvante. C'est réjouissant parce qu'à force de se cantonner dans des films d'auteurs très froids signés Michael Haneke ou Patrice Chéreau, on avait oublié qu'Isabelle Huppert était capable de jouer ce genre de rôles de composition. Quant à sa fille, Lolita Chammah, même si elle n'a qu'un second rôle dans "Copacabana", elle tire très bien son épingle du jeu.

Le troisième personnage de ce film attachant, c'est sans conteste Ostende en hiver, et Marc Fitoussi filme bien la Côte belge vue par les yeux d'une étrangère.

Bref, "Copacabana" distille un charme assez insidieux, alternant moments de comédie et scènes de spleen très réussies.

"Le voyage extraordinaire de Samy"
L'autre film à connotation belge de la semaine est un film d'animation en images de synthèse. Il s'intitule "Le voyage extraordinaire de Samy" et a été réalisé par Ben Stassen dans les studios forestois de "Nwave". Mais le caractère belge du projet est invisible à l'écran, tant ce film en 3D lorgne vers le style des productions américaines. Samy est une petite tortue de mer qui va vivre une véritable odyssée et va faire une série de rencontres tantôt sympathiques, tantôt effrayantes.

Si Ben Stassen gère les effets de relief à la perfection, il a par contre la mauvaise idée de se prétendre scénariste. Car l'intrigue de ce grand voyage est épouvantablement conventionnelle, et ressemble plus à une série de saynètes mises péniblement bout à bout qu'à une véritable aventure de longue haleine. Et pour corser le tout, Stassen a décidé de truffer son film de vieux standards de la pop américaine, qui tombent ici comme un cheveu dans la soupe. Seuls le très jeune public prendra du plaisir à ce film en 3D comme à une attraction foraine. Mais en résumé, "Le voyage de Samy", c'est le bonheur des enfants, et le cauchemar des parents.

H. Dayez

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