Un 1er mai symbole

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Fête du Travail, fête des Travailleurs, le 1er mai de cette année prend des couleurs parfois bien différentes.

 

La campagne pour l’élection aura fait renaître, dans la Belgique francophone  en tout cas, le débat sur la symbolique du 1er mai et de la fête du travail. Et partant de cela, sur le clivage gauche-droite et sur qui représente le mieux les travailleurs.

Alors qu’en Flandre, ce débat paraît quasi-clos et où le 1er mai n’est plus guère célébré, en Wallonie et à Bruxelles, la date garde sa charge politique et revendicatrice.

Longtemps monopole de la gauche socialiste et communiste, le 1er mai a vu curieusement débarquer par la suite les libéraux.. Le PRL de l’époque (et pas le PVV) en ces années de "post néo-libéralisme reagano-tatchérien", voulait jeter les bases d’un parti de droite populaire et ne plus laisser au seul PS (le Parti Communiste ayant disparu) la représentation politique des " gens qui travaillent ". Cette initiative de Louis Michel fait chaque année depuis, grincer des dents socialistes. Si médiatiquement, l’impact peut être considéré comme équivalent, il n’en va pas de même sur le terrain. Là où le MR organise un seul rassemblement, le Parti Socialiste en chapeaute au moins une dizaine, sans compter les rassemblements de la FGTB.

Historiquement, l’extrême-droite qui se voulait populaire a régulièrement elle aussi, tenté de récupérer ce mouvement. Léon Degrelle a véritablement lancé son mouvement le 1er mai 1935 et le maréchal Pétain est celui qui en France a transformé la " fête des Travailleurs " en " fête du Travail ". Le FN de Le Pen fait défiler les siens ce même jour depuis 1988.

On le voit, jouer avec ce symbole du 1er mai reste périlleux. En France, les partis politiques ont généralement laissé ce soin aux organisations syndicales, le PC s’effaçant en son temps devant la CGT.

Chez nous, chaque 1er mai voit refleurir les tensions entre le syndicat et le parti socialiste. Quand le PS est au pouvoir, cela se tend. Et cela devient d’autant plus tendu que le pays est en crise ; on l’a vu dans les années 90, lors du plan global. On le revivra peut-être à nouveau avec un PS à la tête d’un gouvernement qui est contraint d’imposer une cure d’austérité au pays. L’argument du " sans nous, ce serait pire ", antienne socialiste depuis 20 ans, convainc de moins en moins et s’inscrit dans un paysage où la " gauche de la gauche " tente d’émerger.

Le PS et la base syndicale FGTB, sous l’ère Di Rupo, ont souvent entretenu des relations compliquées.

Sous l’effet révélateur de l’élection française et de l’austérité budgétaire, MR, PS, FGTB, PTB tentent de s’ériger en représentant des " travailleurs " du 1er mai. Symbole aussi d’une société en crise, en panne de repères.

 

Philippe Walkowiak

 

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