Twitter réveille les Conventions US

C’est ce que qu’observe Ari Melber, un blogueur actif sur Mediashift. Son constat : les Conventions des partis démocrate et républicain sont des grand-messes sans réel contenu, de la com’ d’un autre âge. Ce qu’on appelle aux États-Unis, des infomercials, des infopub. En soi, elles n’ont pas beaucoup d’intérêt, même si elles attirent à chaque fois des milliers de journalistes sur place.

Mais justement, est-ce vraiment là que ça se passe ? Cette année, la montée en puissance des réseaux sociaux a bousculé le rituel médiatique relayé par les télés, les radios  et les sites vidéos. Les conventions ont été abondamment commentées par le public et par les équipes des candidats.  

Pendant le discours enthousiaste de Bill Clinton, le compte Twitter du candidat républicain Mitt Romney a ironisé : " Qu’est-ce que Bill Clinton disait de Barack en 2008 : Give me a break, lâche moi-les baskets ".

L’ancien président n’a pas eu besoin de ça pour susciter des milliers de messages sur le réseau. Pour justifier la supériorité du candidat démocrate, il avait fait appel à l’arithmétique, un mot qu’on entend peu dans les discours politiques, sans doute parce qu’il nous rappelle de mauvais souvenirs… Mais cette fois "arithmétique " a fait mouche. Il s’est retrouvé en tête des mots les plus employés sur Twitter dans le monde entier pendant les minutes qui ont suivi.

C’est spontané ou organisé ce genre de coup ?

Les équipes des partis peuvent aider à amorcer la pompe sur les réseaux, mais si ça prend de telles proportions, c’est que ça a vraiment frappé les gens. Ce n’est pas nouveau, ça s’appelle le talent.

Autre grand moment, cette fois lors de la convention républicaine. Vous avez vu cette image de Clint Eastwood s’adressant à une chaise vide censée représentée la vacuité de la présidence Obama. Dans les minutes qui ont suivi, le compte Twitter de Barack Obama a diffusé une photo où l’on voit le président de dos sur son fauteuil dans une réunion à la Maison Blanche. On ne voit que l’arrière de sa tête mais on le reconnait parfaitement avec ses oreilles un peu décollées, sorry Barack. Sur la chaise, une petite plaque métallique avec les mots " Le Président ". Et dans le texte du tweet, la légende : " Ce siège est pris ".

Le cliché de Barack Obama entouré de ses filles regardant le discours de sa femme Michèle à la Convention démocrate a lui aussi touché l’opinion. Il n’y a souvent pas mieux que les images pour véhiculer l’ironie ou l’émotion. Elles se révèlent souvent plus efficaces que des messages agressifs ou convenus. Une leçon pour les candidats qui veulent faire entrer leur campagne dans l’ère de la conversation.

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