Theo Francken, le Petit (fait du) Prince

Theo Francken, le Petit (fait du) Prince
Theo Francken, le Petit (fait du) Prince - © Tous droits réservés

C'est l'histoire du Petit Prince de la N-VA rattrapé par le fait du prince. L'ex-secrétaire d’Etat à l'Asile, Theo Francken, risque de vivre un début de campagne compliquée. On rappelle les faits: un élu N-VA de Malines aurait monnayé des visas humanitaires qu’il obtenait au cabinet de Theo Francken. Il a été arrêté dans le cadre d’une enquête de trafic d’êtres humains.
Theo Francken reconnaît avoir travaillé avec Melikan Kukam, il reconnaît avoir délivré des visas qui ont transité par lui, mais il ignorait, dit-il, que cet élu était potentiellement véreux. 

C’est ce point qui va être capital. Le cabinet de Theo Francken était-il au courant de quelque chose? La VRT qui a dévoilé l’affaire affirme que oui. Theo Francken nie. Il va devoir s’expliquer au parlement aujourd’hui, il va peut-être devoir s’expliquer devant les enquêteurs, ce qui va impacter son image de chevalier blanc anti-migrants. Mais difficile à ce stade de savoir dans quelle mesure. L'affaire ne fait que commencer. 

Le fait du prince 

Le problème principal est que Theo Francken paie là où il a péché. Car ces visas humanitaires sont laissés à la discrétion du ministre. Ce sont des visas d’exception ou d’urgence qui bypassent l’administration et qui ne sont pas contrôlés. Ce sont des visas "fait du prince" laissés à la discrétion du secrétaire d'État.
Or Theo Francken a largement utilisé ces visas, beaucoup plus que sous le gouvernement précédent, il s’en est vanté d’ailleurs.  
D’un côté, il a réduit autant que possible les voies légales, classiques de migration et d’asile. D'un autre, il a ouvert le robinet des visas humanitaires pour se libérer des contraintes légales afin de favoriser en particulier les communautés chrétiennes. Il a réduit les possibilités de migration "légale" basée sur l’application des droits fondamentaux pour augmenter la migration “de faveur” basée sur son appréciation de la souveraineté nationale. C’est donc une conséquence directe de sa vision nationaliste et souverainiste de la migration et de l’asile qui explose ici au grand jour.

Pourtant Theo Francken avait été prévenu

Myria, le centre fédéral migration, avait en 2017 déjà alerté le secrétaire d’Etat des abus possibles de cette procédure. Elle est opaque. Myria estime qu’il faudrait au minimum évoquer les critères de sélection des visas avec le parlement. Ce que Theo Francken a toujours refusé de faire, assumant son fait du prince. Plus d’humilité et de transparence aurait sans doute permis à Theo Francken de se retrouver aujourd’hui moins exposé. Sauf si l'enquête judiciaire met au jour une énorme surprise, les ennuis de Theo Francken seront limités. Car la question de sa responsabilité politique ne se pose plus. Il peut dire merci au pacte de Marrakech. C’est grâce à lui qu’aujourd’hui Theo Francken ne doit plus se poser la question de sa démission. C'est déjà fait. 
 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK