"The invisible woman", Ralph Fiennes révèle Charles Dickens

Ralph Fiennes
Ralph Fiennes - © Cindy Ord/Getty Images/AFP

On connaît Ralph Fiennes l’acteur, à la carrière éclectique, glissant avec la même aisance du "Patient anglais" à "Harry Potter" en passant par "Skyfall"… On connaît moins Ralph Fiennes réalisateur – normal : son premier film, basé sur "Coriolan" de Shakespeare n’est pas sorti chez nous. Aujourd’hui, "The invisible woman", son deuxième long-métrage arrive sur nos écrans.

The Invisible Woman

Charles Dickens n’est pas seulement l’auteur de "David Copperfield" ou d’ "Oliver Twist . "The invisible woman" le montre comme une véritable star de l’époque victorienne : auteur de théâtre, chef de troupe, conférencier charismatique… Quinquagénaire, père de famille nombreuse, marié à une femme qui ne s’intéresse plus guère à sa production, Dickens tombe éperdument amoureux d’une jeune actrice de dix-huit ans, Nelly Ternan…

Avec "The invisible woman", Ralph Fiennes (qui incarne Dickens) livre un film riche de nombreuses facettes. C’est d’abord le portrait d’un immense romancier, débordant d’activité. C’est ensuite la chronique d’une histoire d’amour émouvante, l’union de deux sensibilités fragiles, souffrant de l’incompréhension de leurs proches. C’est enfin le portrait d’une époque, l’Angleterre victorienne, si corsetée, si attachée aux convenances que le bonheur y semble impossible. Mais pour être sensible à la poésie de " he invisible woman", il vaut mieux être curieux de Dickens et de son œuvre. Vous voilà prévenus.

Night Moves

Josh (Jesse Eisenberg, vu dans "The social network") travaille dans une ferme bio dans l’Oregon, une "coopérative agricole durable". Mais ce n’est qu’une couverture ; Josh est un éco-terroriste, il prépare avec deux complices le dynamitage d’un barrage hydroélectrique, un acte symbolique de lutte contre les multinationales énergétiques. Leur acte est pensé pour ne faire aucune victime, mais la réalité déjoue souvent les plans les plus sophistiqués…

La réalisatrice Kelly Reichardt, figure du cinéma indépendant américain, se sert de ce thriller pour poser des questions profondes : quand l’idéologie en chambre se confronte à l’épreuve du réel, quelles en sont les conséquences ? La réalisatrice montre, avec un rythme délibérément lent, les angoisses dans lesquelles se débattent ses protagonistes. Dommage qu’elle patine un peu pour trouver une fin pleinement satisfaisante à "Night Moves". Reste un film, adulte dans ses thèmes et son traitement, qui tranche avec la production hollywoodienne actuelle.

Le dernier diamant

Julia (Bérénice Béjo) est experte diamantaire et prépare fébrilement la vente aux enchères à Anvers d’un diamant légendaire, le "Florentin". Simon (Yvan Attal) est un cambrioleur sorti de prison, mais en liberté surveillée. Il essaye de déjouer la vigilance des flics pour préparer, avec quelques complices, le vol du Florentin…

Le réalisateur Eric Barbier aime le genre "film de hold-up". Un genre qui a connu son heure de gloire en France dans les années 60 et 70 ("Mélodie en sous-sol" avec Delon, "Le casse" avec Belmondo), et qui avait été délaissé dans l’Hexagone, tandis que Hollywood prolongeait avec succès cette tradition ("Ocean’s Eleven", "The inside man")… "Le dernier diamant" ne vient pas révolutionner le genre, mais il comporte suffisamment d’astuces de scénario pour qu’on ne s’y ennuie pas une seconde. Et pour le spectateur belge, le film a une saveur supplémentaire : l’action est censée se dérouler à Anvers, mais Barbier mélange allègrement hauts lieux bruxellois (l’Hôtel Métropole, la friterie Antoine place Jourdan) avec des extérieurs anversois… Pas sûr que cela fera plaisir à Bart De Wever… Mais pas sûr non plus qu’il ira voir le film !

Barbecue

L’intrigue tient en une ligne : une bande de vieux copains partage la location d’une luxueuse villa dans le Midi de la France pendant les vacances d’été. L’occasion de fous-rires, d’engueulades, de réconciliations… Et pour le réalisateur Eric Lavaine de placer quelques gags et bons mots.

"Barbecue", c’est "Les petits mouchoirs" avec une piscine au lieu d’une belle plage, et avec des quinquas plutôt que des quadras… Cela tient plus de la sitcom que du cinéma. Au générique, Lambert Wilson est inégal, Guillaume de Tonquédec ("Le prénom") caricatural comme son rôle l’exige, et… surprise : Franck Dubosc et Florence Foresti moins insupportables que d’habitude. Depuis "Un éléphant ça trompe énormément", le "film de potes" est devenu un créneau dans le cinéma français. Un filon, selon moi, usé jusqu’à la corde, mais qui a ses fans…

Hugues Dayez

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK