Surprise! De Wever est un nationaliste flamand

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Il s’était trouvé des naïfs la semaine dernière – et, curieusement, aussi bien dans certains cercles francophones qu’auprès du nationalisme flamand exacerbé – pour croire sur parole Bart De Wever et estimer urbi et orbi que le "confédéralisme était au frigo".

Chaud et froid

Comme à son habitude, le président de la N-VA finit par se démentir lui-même et rassurer sa base nationaliste après avoir inquiété le mouvement flamand.

En mars dernier, Bart De Wever décrivait pourtant bel et bien sa stratégie dans son ouvrage Vlaanderen Onvoltooid (La Flandre inachevée) : une stratégie en deux étapes vers le confédéralisme, qui passe par une politique socio-économique.

Il ne vient que de confirmer cela dans la dernière séquence politique en mettant l’accent sur les réformes économiques, la sécurité et l’identité flamande. La N-VA est simplement résolue à utiliser sa présente place prépondérante dans la structure fédérale pour mener à bien son objectif final qui reste l’indépendance de la Flandre, comme l’ont encore confirmé les déclarations du week-end.

Paysage politique

La situation politique actuelle reste la plus favorable aux desseins nationalistes flamands : le contrôle de l’exécutif flamand, une majorité fédérale qui ne représente que moins de 25% des francophones, les principaux postes-clés en ses mains, un programme qui rencontre ses principales aspirations socio-économiques et, cerise sur le gâteau, un gouvernement wallon désormais politiquement compatible. Pourquoi dans ces conditions vouloir négocier l’indépendance dès 2018 ?

Bart De Wever prévient même ses futurs potentiels alliés francophones : ramener un PS tenté par le communisme, à une table de négociations correspondrait à ouvrir une négociation confédéraliste.

Le paysage politique francophone semble en grande transformation, qu’en sera-t-il en 2018 ? Les Wallons et les Bruxellois sont-ils condamnés à ne plus être que représentés minoritairement au niveau fédéral ? MR et cdH pourront-ils être suffisamment forts à deux en 2018 pour devenir le pendant d’une coalition flamande de centre-droit ? Puisqu’il est trop tôt pour le dire et que les réalités changent, Bart De Wever ménage ses effets entre discours libéralo-conservateur et nationalisme ouvertement assumé.

Il faudrait être particulièrement crédule pour estimer que la N-VA choisit l’un plutôt que l’autre.

La N-VA reste un parti indépendantiste, de droite, elle l’assume, voire le revendique. Certains francophones ne peuvent faire semblant de ne pas le voir.

 

@PhWalkowiak

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