BCE: Super Mario a-t-il brûlé en vain ses toutes dernières cartouches?

Armes lourdes, ultimes cartouches, artillerie, les mots guerriers n’ont pas manqué pour qualifier les dernières mesures prises par la Banque Centrale Européenne. Pas de la petite bière, du costaud, du roboratif et pourtant comme une impression de déjà vu, de déjà usé, jusqu’à la corde.

Pourtant Super Mario n’a pas fait dans la dentelle ! Ces mesures auraient été inimaginables il y a quelques années. Un taux directeur à zéro, des taux de dépôt pour les banques négatifs à 0,4 %, des rachats d’actifs par dizaines de milliards d’euros même pour des obligations d’entreprises et tout cela pour très longtemps. Le président de la BCE a une fois de plus mouillé sa chemise sans craindre une grosse colère de son homologue de la puissante Bundesbank allemande.

Laissons à Draghi ce qui lui appartient. Apparemment il reste fidèle à sa mission quasi unique : faire remonter l’inflation mais en pratique c’est pour la croissance qu’il se bat et il est presque le seul à le faire. N’empêche que la question est posée : l’Italien croit-il vraiment au succès de son plan de bataille ? Nous ne le saurons pas.

Car il y a des doutes, beaucoup ! On peut les résumer très simplement : pourquoi ce qui n’a pas fonctionné jusqu’ici pourra réussir demain ? La BCE n’y a jamais été aussi fort, tout le monde est d’accord là-dessus mais en même temps elle n’a fait qu’appuyer encore un peu plus sur le même champignon qui n’est plus vraiment de première fraicheur.

Qui va utiliser ces milliards d’euros offert à vils prix ? Les États européens qui refusent de céder aux pressions, notamment du FMI, et de lancer des grands projets d’investissement ? Les entreprises déjà pas mal endettées, confrontées à une demande faible et qui se demandent pourquoi elles devraient investir maintenant ? Monsieur et Madame Tout le monde, vous et moi ? Vous avez le moral, vous ? Suffisamment pour vous lancer dans une consommation effrénée ? Alors qui va investir et doper ainsi la croissance ? Comme dit le proverbe: "On ne saurait faire boire un âne qui n’a pas soif".

Pauvre Mario, il doit parfois traverser de grands moments de solitude. Qu’il se console en constatant que ce qu’il décide est indispensable malgré tout. C’est bien la BCE qui a évité la catastrophe après 2008, c’est bien elle qui est la seule à tout faire pour la croissance, c’est elle enfin qui ramène le calme sur les marchés car rien n’est plus dangereux que des bourses qui s’effondrent.

Reste La question du jour : si les toutes dernières mesures ne fonctionnent pas, que pourra encore faire Super Mario la prochaine fois ? Quoiqu’il en dise sa cartouchière se vide dangereusement.

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