"Spectre", le James Bond de l'après "Skyfall"

"Spectre" de Sam Mendes
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"Spectre" de Sam Mendes - © DR

Il y a trois ans, pour fêter les 50 ans de la série, EON Productions faisaient appel au cinéaste oscarisé Sam Mendes pour réaliser "Skyfall". Le résultat, étourdissant, a récolté plus d’un milliard de dollars au box-office… Aujourd’hui, Mendes refait équipe avec Daniel Craig pour "Spectre"

Dans ce film, Bond fait cavalier seul et, à l’insu de son supérieur hiérarchique M (désormais incarné par Ralph Fiennes), il mène une vendetta aux quatre coins de la planète pour traquer le chef mystérieux de l’organisation criminelle Spectre. Pendant ce temps à Londres, le MI6 risque d’être fusionné avec le MI5 et de voir ses agents secrets 00 disparaître au profit de drones et d’un combat contre le crime mené par télésurveillance…

Dans "Spectre", Sam Mendes essaye de travailler sur deux degrés en même temps. Au premier, il renoue avec les ingrédients traditionnels de la saga – Spectre (présent dès les films avec Sean Connery), les destinations exotiques, les deux Bond girls (la brune et la blonde)… Au second, il mène une réflexion sur le thème: à quoi ça sert, un agent 007, dans le monde d’aujourd’hui ? Comment un espion peut-il lutter contre la cybercriminalité ?

Déjà dans "Skyfall", le réalisateur britannique approfondissait le profil psychologique de Bond tout en livrant un suspense passionnant de bout en bout. Mais dans "Spectre", les deux degrés s’imbriquent moins harmonieusement; le film alterne un peu mécaniquement scènes d’action et scènes d’intérieur, sans éviter les longueurs ( d’une durée de 2H30, "Spectre" aurait gagné à voir son intrigue resserrée autour de 2 heures). Et surtout, certaines conventions de la saga semblent ennuyer Mendes: les scènes de séduction, tant avec Monica Bellucci qu’avec Léa Seydoux, sont dépourvues d’intérêt. Heureusement, le casting reste solide, la photo superbe, et "Spectre" contient malgré tout quelques morceaux de bravoure qui font d’un film de Bond avec Daniel Craig, encore et toujours, du grand spectacle. L’honneur est donc sauf !

Avril et le monde truqué

Inspiré de l’univers graphique de Jacques Tardi, "Avril" est une uchronie, autrement dit un récit de science-fiction situé dans un passé imaginaire. Ce film d’animation se déroule dans un Paris de 1941 où règne Napoléon V ( !) et où le charbon est la principale source d’énergie. Une jeune fille, Avril, va mener l’enquête sur les disparitions successives de scientifiques renommés…

Sur le plan graphique, " Avril… " est une réussite : le style si caractéristique de Tardi, son sens du décor font merveille. Là où le bât blesse, c’est au niveau du scénario : le film est tellement bavard qu’il semble avoir été pensé comme un feuilleton radiophonique, ce sont les dialogues qui font avancer l’action bien plus que les images… L’ennui ne tarde pas à gagner le spectateur face à une intrigue qui accumule hélas les poncifs.

En mai fais ce qu’il te plaît

Fort du succès de son film de guerre "Joyeux Noël", le réalisateur français Christian Carion raconte ici l’exode de Mai 1940 et veut rendre hommage à la bravoure de ces centaines d’anonymes qui ont parcouru bravement les routes de France et de Navarre… Noble intention, mais Carion n’a pas les moyens de sa politique : son film accumule les images d’Epinal et les personnages stéréotypés comme le maire bourru (Olivier Gourmet), la bistrotière (Mathilde Seigner), l’idiot du village (Laurent Gerra !)… La réalisation est tellement convenue, la reconstitution si appliquée qu’on s’interroge : comment, en 2015, le cinéma français met-il encore en chantier ces films d’un autre âge ? Le drame de la Seconde Guerre Mondiale ne mérite pas ce genre de projet poussif.

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