Baromètre politique: qui a intérêt à aller aux élections?

Sondages : qui a intérêt à aller aux élections?
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Plusieurs partis ont intérêt à des élections anticipées. Ou, en tous les cas, ne devraient pas en avoir peur, c’est dans l’ordre Ecolo, Groen, le PTB. Je dirais ensuite, mais c’est moins évident, le VLD qui est en train de se refaire une petite santé. Enfin, la N-VA. Elle reste en recul par rapport à son score de 2014 mais reste ultra-dominante et politiquement quasiment incontournable. 


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Ceux qui doivent réfléchir à deux fois à des élections anticipées, c’est d'abord le MR qui est le grand malade de la politique côté francophone. Tant à Bruxelles qu’en Wallonie, le sondage est mauvais et confirme le scrutin communal. Dans le lit d’à côté, dans l’hôpital des estropiés de la politique, le PS. Il se refait un peu en Wallonie mais reste historiquement bas. Dans un lit, encore plus loin, le cdH est toujours dans un semi coma. 

Alors évidemment, prudence. Ce sondage a été réalisé en pleine crise politique mais il s’est terminé le 8 décembre, soit 2 jours avant le voyage de Charles Michel à Marrakech et la sortie de la N-VA du gouvernement. Quelle influence tout ceci va avoir sur l’électorat? C’est toute la question car si la N-VA résiste bien au Vlaams Belang, elle le perd au centre au profit notamment du VLD. 

Ligne claire et flou artistique

Or, on voit beaucoup en ce moment la ligne claire de la N-VA sur l’immigration, ce qui doit certainement la renforcer à la droite de la droite. Mais le flou sur le socio-économique commence à se voir aussi. La N-VA va-t-elle blackbouler le budget qu’elle a voté? La réforme de l’impôt des sociétés et le jobs deal dans lequel il y a des mesures très attendues par le monde de centre droit en Flandre? Même si elle dit très fort qu’elle n’a pas peur des élections, au fond, le chemin ne serait pas si simple pour elle. 

Déprime pour Charles Michel

Le MR est en grande difficulté. C'est d'ailleurs pour ça que nous sommes là dans une crise. Les élections communales avaient déjà montré que le MR payait cher sa participation ce qui a poussé Charles Michel à se déscotcher de la N-VA. L’affaire est claire désormais, le MR perd surtout des voix en faveur d’Ecolo. Les libéraux de gauche ou du centre, les libéraux pour qui les préoccupations climatiques ou le multiculturalisme sont importantes, ont fui. Pour les faire revenir, Charles Michel devait donc casser son image. Ce qu’il a essayé de faire. Mais pour les convaincre, il faudra du temps. Ce qu’il n’aura pas en cas d’élections anticipées. En plus, le MR perd sur sa droite au profit de la N-VA à Bruxelles 6%, et du PP en Wallonie, 5%.

L'ironie de l'histoire

La N-VA s’en va, alors qu’en Flandre un Flamand sur deux voulait la poursuite de la coalition. Avec Theo Francken, Charles Michel cartonne dans les scores de popularité. Par contre, chez lui, en Wallonie, Charles Michel est septième à égalité avec Alexander De Croo. 

Seulement un Wallon sur 5 et un Bruxellois sur quatre voulaient d'une nouvelle majorité CD&V-VLD-N-VA-MR.

Quelque part, en forçant à peine le trait, en mettant fin à l'aventure de la coalition suédoise, la N-VA a réalisé la volonté des Wallons et des Bruxellois et ignoré le souhait des Flamands. 

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