Soins de santé, War is Over…

Vous vous souvenez de cette image des dos tournés ? Ceux d’une partie du personnel de Saint Pierre au passage de Sophie Wilmès en pleine crise du Covid ? C’était l’image qui résumait le mieux la rancœur accumulée par le personnel des soins de santé envers le gouvernement fédéral. L’image de deux mondes qui ne se comprenait plus.

Ce jour-là c’est Sophie Wilmès qui avait encaissé. Mais c’est surtout avec Maggie de Block que l’incompréhension était totale. Même en pleine tempête du Covid, fin avril, le dialogue était rompu avec la ministre de la santé. Le syndicaliste de la CSC Yves Hellendorf avait résumé : Maggie de Block est en guerre contre les soins de santé.

Aujourd’hui le même Yves Hellendorf parle je le cite : “de geste fort, de reconnaissance à la hauteur de ce que les gens ont donné durant la crise”. Aujourd’hui, pour les soins de santé, c’est donc la fin de la guerre. War is over…

Ces 600 millions d’euros s’ajoutent aux 400 millions déjà débloqués par le parlement pour le "fonds blouse blanche". Au total un milliard qui va très largement passer dans des augmentations de salaires pour le personnel des soins de santé (un treizième mois par exemple). On parle aussi d’amélioration des conditions de travail, par exemple la possibilité de prendre trois semaines de congé consécutives.

Tabula rasa

Au niveau politique l’accord intervenu va laisser des traces. Idéalement, il aurait dû être la figure de proue d’un nouveau gouvernement. Un gouvernement de l’après Corona. Celui d’un nouveau récit qui rompt avec le passé, celui de la logique budgétaire aveugle. Mais puisque ça ne veut pas, les trois partis, du haut de leurs 38 sièges, font table rase du passé tout seuls. Ils dépensent l’argent tout seuls. Ils occupent tout l’espace tout seuls. Bien sûr, il faudra trouver une majorité à la chambre pour faire passer ce plan. Mais on imagine assez mal que ce ne soit pas le cas. Le plan de relance, si ça continue ce sera la même histoire.

En cas d’élections donc, ces trois partis, le MR de Sophie Wilmès en tête côté francophone, pourront dire qu’ils ont historiquement revalorisé les soins de santés et essayer de faire oublier que le MR de Charles Michel a contribué à les dévaloriser avant.

Le PS et Ecolo devront aussi prendre ce genre de mesure dans les régions pour le personnel des maisons de repos, les services d’aide à domicile. Mais, c’est très frustrant pour eux, c’est assuré, la publicité sera faible. Le fédéral prend résolument toute la lumière.

Après l’élection ou si un gouvernement se forme dans quelques mois, il ne restera plus grand-chose à dépenser. Il ne restera qu’à se pencher au bord du gouffre. Le gouffre budgétaire immense, sans fond. Car cet accord "historique" contribue un peu plus à rendre tout aussi "historique" le déficit structurel de l’Etat.

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