ROCK WERCHTER DAY 4 : Le marathon divin

La superbe atmosphère de Lykke Li
La superbe atmosphère de Lykke Li - © © RTBF – David Salomonowicz - 2014

Incontestablement le meilleur jour au niveau de l’affiche avec un enchainement constant de concerts de qualité. Entre fatigue et euphorie, entre décibels et fête. Verdict du dernier jour de Werchter.

On rate de peu la sensation belge du moment Oscar and the Wolf qui quelques semaines à peine après son entrée en lice s’offre déjà le plus gros festival national. A suivre plus qu’attentivement. Mais notre journée commence néanmoins en force avec Royal Blood, duo de Brighton qui monte en puissance et qui sort cet été (en août) son premier album. Comme aux Nuits Bota, les Anglais ont convaincu avec une prestation tout en force et en maitrise. Le gros son rock du week-end.


On calme nos ardeurs avec les Australiens Angus and Julia Stone, les frères et sœur les plus glamour du milieu (avec les Coors) et qui sont de retour ensemble après avoir vogué chacun a leurs projets solo. C’est gentillet, mais sans plus. Attendons de voir la forme du jour de Metronomy. Joseph Mount et ses troupes proposent d’emblée un set plus énergique que celui qui avait récemment déçu à l'AB. Toujours cette pop oscillant entre mélancolie douce et funkitude de bon aloi. On se croirait presque dans la soupe aux choux dans l’intro-rétro de Love Letters et on ne peut s'empêcher à chaque fois de retomber en amour pour The Bay, chef d'œuvre pop.


Rudimental et leur dubstep ragga rebondissante et feel good sont sur la Main Stage. Un des chanteurs (ils seront au moins 5 à se relayer au micro) a la coupe de Fellaini, une autre le poulpe de Mia Frye sur la tête. Notre préférence va à la voix du petit bonbon rose qui remplace Ella Eyre au chant pour Waiting all night. C'est loin d'être désagréable mais la formule dub peut vite s'avérer lassante.



On file donc par curiosité vers le Klub-C pour y voir la prestation de Passenger et surtout pour éviter la douche. Il est tout seul à la guitare et a (à ma surprise) chapiteau conquis avant même de commencer. C'est pourtant un songwriter assez quelconque avec (à notre connaissance) un seul (mais) immense tube radio nommé Let her Go. Comme supputé, ça ne casse pas trois pattes à un canard et le bonhomme parle vraiment vraiment beaucoup et commence à nous courir sur le haricot après la soixantième fois qu’il remercie le public en un quart d’heure. Damned, le torrent continue dehors et on va devoir y passer l'heure entière...
 


Une éclaircie. Direction l'autre tente remplie elle aussi par une grosse partie du public de la Main Stage qui est venue s’y réfugier. Birdy aura donc salle comble et fera le plein (justifié vu le talent) d'applaudissements, même si le Cirque Royal où elle s’est récemment produite convenait mieux à sa voix de piou-piou.

 

On croise quelques instants Franz Ferdinand sur la Main stage puis Foals au Klub-C, mais c'est la Suédoise Lykke Li qui a nos faveurs. Ambiance tamisée, fumée abondante, superbe jeu d’ombres chinoises. La forme est très soignée et tant elle que son band sont vêtus de noir. La belle démontre que son répertoire et son talent ne s’arrêtent absolument pas au tube interplanétaire I Follow Rivers. On a beaucoup aimé No rest for the Wicked et l’ambiance " Quart d’heure américain " pour Never Gonna Love Again où elle demande au public d’allumer les lumières des smart phones en guise de boule à facette. Le romantisme 2.0.



Les allumés.us de MGMT ouvrent leur set par l’hypnotique Congratulations et font danser le chapiteau avec Time to Pretend. Grosse ambiance mais le chanteur a semble-t-il une toute petite voix et on a gardé un tellement bon souvenir de leur passage à l’AB en septembre dernier que l’on préfère bifurquer vers les Kings of Leon. Que dire encore de la bande de Nashville tant ils sont des habitués du festival ? On a même parfois du mal à se rappeler d’une édition récente sans leur présence… et à encore vraiment s’enthousiasmer sur Use Somebody et Sex On Fire qui (forcément) ponctuent chacun la première partie puis le rappel. Mais bon ça reste très bien, c’est juste du hypra-déjà vu.

 

Chase & Status fait valdinguer la Barn avec son électro appelant aux bonds de Marsupilami, mais c’est surtout la promesse de l’arrivée d’Interpol qui nous fait tenir le coup après 4 jours. Les New-Yorkais sont en effet de retour avec un album à venir en septembre nommé El Pintor dont ils ont déjà livré quelques extraits. Une basse magique et un chanteur charismatique qui ressemble de jour en jour un peu plus à Brad Pitt. Ma voisine est au bord de l’apoplexie dès qu’il tourne la tête dans notre direction. Nous sommes pourtant au 40 ème rang…

 

Le festival se clôture par une grosse fête sur la Main Stage avec Stromae qui ouvre (sans surprise) son set avec…Ta Fête histoire de surfer encore un peu sur la vague Diables Rouges. La plaine est en tout cas ravie et le cocktail bonhomie/talent d’interprète/faculté de rassembler au-delà des différences prend complètement et fait oublier la qualité intrinsèque des morceaux. Une dance assez facile (même si Ok, c’est pas facile de faire du facile) et des textes pas toujours très relevés. En un mot : EFFICACE. Nombreux (à commencer par moi) étaient les sceptiques qui se demandaient ce qu’il venait faire en tête d’affiche de Rock…Werchter, le choix de l’artiste belge bankable de l’année entre au final dans la philosophie du festival. On adhère ou pas, il a fait le show et a fait danser la foule jusqu’au feu d’artifice. Le contrat est donc rempli.

 

Werchter est une institution, une grosse machine qui, à quarante ans, assume ses choix et continue à s’ouvrir à des artistes certes moins rock, certes plus " populaires ", mais qui propose, à l’image de ce dimanche, une affiche très complète, même jalousée en Europe, avec la grande majorité des groupes qui ont fait l’année.

 

On y sera encore assurément l’année prochaine !

 

David Salomonowicz

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