ROCK WERCHTER DAY 2 : Les souffrances du jeune Werchter

Les Arctic Monkeys en patrons de la deuxième journée
2 images
Les Arctic Monkeys en patrons de la deuxième journée - © © RTBF – David Salomonowicz - 2014

Journée mitigée tant pour la météo que pour l’affiche. Entre soleil timide et pluie hésitante. Entre le Teenage Land et les crooners magnifiques. Verdict de la deuxième journée.

A quasi 40 printemps, Rock Werchter n’a sans doute jamais été aussi jeune, tant au niveau de la moyenne d’âge de son public que dans un line-up majoritairement moins rock et de plus en plus axé pour plaire à la nouvelle génération. Cela donne donc des grands écarts assez disgracieux pour les amateurs de musique cougar ou couillue, mais qu’il est possible d’éviter avec une bonne condition physique. L’éclectisme, j’en ai fait quand j’étais jeune et j’ai testé pour vous…

 

Illustration dès l’entrée sur le site avec les Mancuniens de The 1975 avec très vite un constat de rock à midinettes, pour ne pas dire de boys " rock " band. Les 15 premiers rangs sont uniquement composés d’adolescentes pré-pubères en ébullition qui hurlent dès que le ventilateur caresse les cheveux du frontman. Il faut dire que le chanteur à la coupe Robert Smith version 2.0 a bien compris comment émoustiller la jeune fille. Pour la musique on repassera.



On prend nos guiboles à notre cou et on se dirige vers Sam Smith autre star des charts britannique. Sa voix est très haute, sa musique très positive et son son efficace et très pop. Des tubes radio qui ravissent les ados mais le tout manque encore un brin de profondeur pour être vraiment intéressant. Néanmoins un potentiel indéniable d’interprète.
 


Le premier frisson viendra de Trixie Whitley. On a déjà écrit dans cette colonne tout le bien que l’on pensait de la jeune femme née en Belgique mais très tôt exilée à New York. Elle est toujours aussi nerveuse, perfectionniste et bourrée de tics au micro, mais au risque de se répéter, quelle sacrée voix et quel talent dans l’écriture (Need Your Love et surtout le troublant Pieces).



À la lecture du line-up général, on avait été surpris d’y voir la présence de Roberto y Gabriela et on était curieux de les découvrir on stage. Bon ben, disons d’emblée qu’il faut aimer l’instrumental et les battle de guitare sèche tant les Mexicains surenchérissent d’effets et d’accords en reprenant des airs connus de rock. Ça a plutôt tendance à nous crisper complètement et on n’arrive absolument pas à rentrer dedans.



Direction la Barn avec les Néo-Zélandais de The Naked and Famous et leur indie saupoudrée aux sonorités 80’s. Superbe duo de voix avec notamment la charismatique chanteuse d’origine laotienne Alisa Xayalith. Ils avaient creusé un sillon plus qu’intéressant en 2010 avec des hymnes comme Punching in a dream, All of This et Young Blood et ceux-ci se mélangent parfaitement à la nouvelle mouture qu’offre l’album In Rolling Waves. Premier vrai bon moment de la journée.

Plus dure sera la chute…

 

Ellie Goulding profite du retour du soleil pour remplir la plaine devant la main stage. On dirait que le public de The 1975 est encore là et s’est quelque peu masculinisé grâce à la blondeur de la demoiselle. Elle a une très belle voix, légèrement cassée, il y a bien quelques tubes qui passent (bcp)(trop) en radio, mais ça nous laisse quand même assez perplexe.

On se demandait comment elle se débrouillait sur scène et au final, on ne peut que constater qu’elle ne fait pas ça mal (notamment quand elle reprend Tesselate d’Alt-J et Life Round Here de James Blake ) mais que sa pop à elle est vraiment trop quelconque que pour être réellement intéressante.
En plus, on s’inquiète de sa santé à chaque fois qu’elle se jette en arrière façon Céline Dion ou Fosbury Flop. Mais comment n’a-t-elle pas un tour de rein à la fin de Lights, Burn ou de I need your Love ?

 

On zappe volontairement Foster The People, dont le chanteur ultra-en amour pour lui-même est un boy band à lui tout seul (ce qui dessert fortement sa musique pas forcément dénuée de qualité) et l’autre jeune chanteuse britannique Katy B de peur d’un bis repetita trop pop comme avec Ellie Goulding.

 

L’Allemagne élimine la France tandis que l’Ecossais Paolo Nutini entame sont set par le groovy Scream (Funk My Life Up) qui donnera le ton à une prestation très intéressante. Le garçon n’est pas dénué de charme (Quelque chose dans le regard de Patrick Bruel époque Profs), mais n’en abuse pas trop et axe plus son offre sur sa voix digne d’un soulman des 60’s. Il est de plus entouré de super musiciens dont une petite armée de cuivres qui lui permettent des variations de rythme, de la funkitude à la douceur extrême comme avec ce génialement liquide Iron Sky.

 

Vu la foule aux abords de la Main Stage, il nous sera impossible d’aller voir Eels et ses lamentations douces-amères (On se dit aussi que ce n’est pas forcément l’endroit idéal pour voir son set intimiste) et on devra également zapper Jack Johnson et ses ballades ensoleillées qui nous feraient vachement du bien vu le crachin qui tombe par intermittence.

 

L’attente est longue et douloureuse pour les Arctic Monkeys, mais elle sera adoucie par 4 jeunes Galloises (dont l’une ne connaît pas Damon Albarn…) qui motivent les troupes et qui finiront par chanter toutes les paroles du set en criant par intervalle leur amour pour le crooner à gomina Alex Turner.

Nouvelle grosse prestation pour la bande de Sheffield, qui a largement (presque entièrement) puisé dans son dernier album AM en insérant les classiques Fluorescent Adolescent, My propeller ou I bet that you look good on the Dance Floor.

 

Le début de nuit sera animé par une réédition du match Belgique-Etats-Unis avec d’un côté les fous furieux Major Lazer et de l’autre nos compatriotes de The Subs. Même résultat qu’au mondial : égalité et prolongations avec au bout la fête.

 

Prémonitoire pour le match de ce soir ? I hope so, baby…

 

David Salomonowicz

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK