ROCK WERCHTER DAY 1 : Damon Albarn au-dessus de la mêlée.

Le génial Damon Albarn a illuminé ce premier jour de Rock Werchter
Le génial Damon Albarn a illuminé ce premier jour de Rock Werchter - © © RTBF – Radia Sadani - 2014

Une première journée caniculaire et éclectique avec une kyrielle d'artistes. De la soul au métal. De l'électro sombre à l'indie lumineuse. Avec une éclipse anglaise qui a fait un peu d'ombre. Verdict du premier jour.

 

On a beau y venir depuis des années, l’impression est toujours la même au moment d’entrer sur la plaine louvaniste. Des frissons et une masse de fourmis qui court d’une scène à l’autre.

 

 

La B.O. de l’après-midi ensoleillée est juste parfaite. D’une part les notes funky du collectif Daptone Super Soul Revue à presque 20 sur scène, emmené par les voix mythiques de Sharon Jones et de Charles Bradley. D’autre part par l’indie colorée des Bombay Bicycle Club qui nous font gentiment dandiner le postérieur au son des Lights Out, Words Gone ou autre Luna.

On aime la progression de ce groupe qui a injecté dans son dernier opus une touchette électro et des sonorités exotiques, même si le schéma de leurs chansons reste un rien répétitif.

 

On glisse vers la Main Stage avant de se lasser et on se dit que cette jolie entrée en matière lance on ne peut mieux le festival. Miles Kane rebel cockney s’il en est nous y attend. Surprise, l’Anglais a une chemise en serpent, des rouflaquettes à la Dick Rivers et une ressemblance troublante avec… Eden Hazard.

 

Il a en tout cas autant de classe au micro que notre numéro 10 dans ses dribbles (même si on ne peut s’empêcher de se dire que la grande scène est sans doute un chouia trop grande pour lui). Sa voix, son arrogance britannique bien placée et ses chansons catchy (Why ?, Rearrange, Come Closer) font néanmoins le job.

 

Mini-détour par le Klub-C où entre sur scène Valérie June qui, capillairement parlant, du (très) haut de son chignon Medusa, ferait passer la choucroute de Selah Sue pour un mini-bun désuet rikiki. Elle a même du mal à passer la sangle de son banjo… Par contre, sa voix très particulière et loin d’être inintéressante nous crispe un peu, donc on se promène sur le site voguant des hipsters de White Lies récemment aperçus avec bonheur à l’AB à la voix cristalline de la chanteuse des London Grammar qui l’air de rien, sont passés en une petite année du Witloof Bar du Botanique à une place de choix sur l’affiche du festival et on les annonce même à Forest National à l’automne. Chaque fois, on se demande s’ils auront les épaules pour assumer cette percée fulgurante et on est ravi de voir qu’ils s’adaptent avec une facilité déconcertante.

 

On reste dans le chapiteau en délaissant (le lot des festivals) Placebo et surtout Robert Plant (dont les échos rapportés furent élogieux) car celui que l’on attend en ce premier jour, Damon Albarn, doit s’y produire juste après. L’Anglais, génie, virtuose, touche-à-tout merveilleux, a sorti un des albums de l’année avec Everyday Robots et pour l’avoir vu dans ses différents projets (surtout Blur) on sait la bête de scène qu’il peut être.

 

Le hooligan entre le sourire aux lèvres et dès l’entame, il arrose (au propre comme au figuré) le public d’eau et de notes superbes avec Lonely Press Play, joue du mélodica aux 4 coins de la scène et occupe l’espace avec maestro accompagné d’un fantastique bassiste au look mi-Pharell mi-Dick Tracy. Il navigue à travers son opus solo et imbrique dans le set des morceaux issus de son immense discographie, principalement en provenance de ses albums de Gorillaz (Tomorrow Comes Today, Don’t get lost in heaven, El Manana).

 

Splendide concert plein de générosité et de communion avec un public en furie. Albarn aime également s’entourer et fait grimper un chanteur ghanéen pour le rap de Clint Eastwood et un chœur gospel (avec sans doute la plus belle femme du monde) pour les chansons chorales que sont Mr Tembo ou Heavy Seas of Love avec lequel il ponctue une prestation 5 étoiles.

 

On termine notre première soirée par du lourd. Sur la Main Stage, avec Metallica qui a demandé à ses fans de voter virtuellement pour constituer la setlist de leur choix. On a personnellement quelques doutes et réticences sur le principe, même si ça a l’air de ravir les inconditionnels du groupe mythique qui du coup vont voir un best of de deux heures et demi de leurs favoris. Sur les grands écrans, Clint Eastwood (encore lui) tire un boulet de canon pour lancer les hostilités. BOUM ! Master of Puppets (Master !, Master ! hurle la plaine). Grosse pluie de métal avec quelques vieux morceaux très couillus. Du coup, on est heureux de voir arriver des titres plus mélodiques comme The Unforgiven, One et l’incontournable Nothing Else Matters. On a beau ne pas être un fan du genre ni aimer les solos démonstratifs à l’excès, les Américains sont néanmoins comme toujours impressionnants.

 

Avant de partir (comme dirait Roch Voisine) et histoire d’apaiser un peu nos oreilles, on fait un rapide dernier crochet par le chapiteau pour se mettre du Gesaffelstein dans les oreilles. De la divine tech-house sombre et froide pour digérer cette première journée forte en sons et en émotions. Dieu que ce mec mixe bien et que ce Damon était dément !

 

A demain

 

David Salomonowicz

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