Qui sont les journalistes en Belgique francophone ?

Alain Gerlache
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Alain Gerlache - © RTBF

Qui sont vraiment les journalistes qui travaillent pour mes médias belges francophones? C’est l’objet d’une étude dont les résultats viennent d’être publiés.

Elle a été menée par l’AJP, l’Association des Journalistes Professionnels et le Centre d’Etudes de l’Opinion de l’Université de Liège sous forme d’un questionnaire à remplir. 27% des personnes qui l’ont reçu y ont répondu. Le résultat est donc plutôt complet et le document final compte 48 pages accessibles en ligne. L’enquête vise à dresser un tableau de la profession journalistique dans le but promouvoir la diversité et l’égalité au sein des équipes et dans les contenus.

Il en ressort un portrait-type du journaliste en Belgique francophone. C’est un homme de 45 ans. Il est Belge, comme ses parents, et sa langue maternelle est le français. Il a fait des études supérieures, vote à gauche et n’a pas de conviction religieuse particulière.

On peut sans doute affiner l’analyse. Il faut tout d’abord relever que cette profession reste largement masculine, 7 journalistes sur 10 sont des hommes. Elle se féminise mais lentement. La toute grande majorité est belge. Il n’y a que 6% d’étrangers, en majorité des Français et des Italiens. La plupart, 68% ont fait des études universitaires. Le journalisme est une forme d’ascension sociale pour un quart de ses membres qui disent provenir d’un milieu pauvre ou modeste.

L’enquête ne se contente pas de mesure des données objectives. Elle trace aussi le portrait des opinions des journalistes. La majorité d’entre eux se classe à gauche, avec une très nette préférence pour Ecolo, 46%, beaucoup plus que son score électoral au sein de l’ensemble de la population. Il est vrai que les journalistes correspondent à la sociologie de l’électorat vert. Le MR suit à 21%, ce qui le rapproche de sa moyenne. Avec ses 15%, le Parti socialiste fait une contre-performance, tout comme le cdH, 8%. Bon score pour le PTB, 4%.

Voilà qui suscite déjà pas mal de commentaires. Les opinions politiques des journalistes, c’est comme la fortune des ministres ou la vie sexuelle des stars. Ca fait fantasmer. On peut se demander s’il était bien opportun de mélanger données objectives et choix personnels dans cette enquête. Certains souhaitent-ils instaurer des quotas par genre, origine ou conviction, et pourquoi pas, c’est de saison, orientation sexuelle ?

La réalité, c’est que les meilleures rédactions sont celles qui sont le plus diverses. Cela enrichit les points de vue et contrecarre ce qu’on pourrait appeler les consensus inconscients. Et de toute façon, c’est avant tout une question d’éthique personnelle à laquelle, c’est rassurant, les journalistes interrogés se sont dits particulièrement attachés.

#médiaTIC @AlainGerlache

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