Quand la N-VA aura brûlé le MR...

Quand la N-VA aura brûlé le MR...
2 images
Quand la N-VA aura brûlé le MR... - © Tous droits réservés

Le gouvernement fédéral est en feu. C’est l’incendie. Ce n’est pas le premier mais c’est peut-être le plus fort. C’est un peu comme dans une série B ou sur une route de l’Arizona quand deux véhicules foncent l’un vers l’autre. Il y en a forcément un qui va devoir se prendre le fossé, être moins courageux que l’autre, sinon ce sera le crash. On parle donc du pacte de l’ONU sur les migrations. On le sait, la N-VA a publiquement torpillé le texte, or le Premier ministre s’était engagé devant les 192 pays partenaires à le signer. 

Charles Michel peut se sentir trahi puisque la N-VA a été associée aux négociations du texte et n’a changé de position que lorsque d’autres pays européens, sous l’impulsion de l’Autriche où l’extrême droite est au pouvoir, ont renâclé. Cette trahison, Charles Michel ne compte pas l’accepter cette fois-ci. Il a, semble-t-il, exigé de la N-VA qu’elle change de position et redit que la Belgique signera ce texte.

C’est donc le face à face…

Complet puisque le CD&V et le VLD soutiennent le Premier dans cette affaire. Reprenons l’image des deux voitures lancées à toute allure. Il y a deux options, le fossé (l'humiliation) ou le crash (la destruction). Il reste encore cela dit une troisième option, que les deux freinent et s’arrêtent à quelques millimètres l’un de l’autre (compromis). Cette troisième option, c’est la piste d’une déclaration interprétative qui permettrait de clarifier certains points, en particulier le caractère non contraignant du texte. C’est sans doute cela qui va se passer. Le Premier ministre aura son pacte, la N-VA aura sa déclaration interprétative et pourra dire que le pacte n’est qu’un symbole qui n’engage à rien, une cuillère de sucre pour les mondialistes comme le tweetera peut-être Theo Francken.

L’affaire va laisser des traces

Chez les libéraux, beaucoup jugent la N-VA déloyale. Et la question se pose de plus en plus au MR. Est-ce qu’il faut encore privilégier une coalition avec la N-VA ? Certes, cela permet des réformes souhaitées par les libéraux mais cela nuit aussi beaucoup à l’image du parti qui ne parvient pas à convaincre dans les sondages et dans les urnes.

Or, chez les bleus, on se souvient qu’en 2014, Charles Michel a levé le pouce pour former une suédoise à la grande consternation d’ailleurs des autres partis francophones. Sans quoi, on serait reparti dans une tripartite traditionnelle. Si, en 2019, le même choix se posait, le referait-il ce choix-là Charles Michel? Est-ce qu’il ne baissera pas le pouce pour retrouver une coalition plus confortable? C’est la question du moment! Après 5 ans, il a un vrai bilan mais aussi un vrai déficit d’image, celle d’une marionnette de la N-VA. 

En tous cas, avec une telle attitude, la N-VA a intérêt à être incontournable en 2019 car elle est en train de brûler son seul partenaire francophone. C'est bien le problème de la stratégie de la terre brûlée. Cela fait des dégâts...

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK