Puisqu'il le faut...

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les partis qui ont négocié la réforme de l'Etat durant de longs mois se retrouvent autour du Premier Ministre. Il s'agit d'effectuer les derniers réglages sur cette réforme, avant de l'envoyer définitivement dans le chaudron parlementaire, la semaine prochaine

 

C'est le grand défi de ce gouvernement en effet, ce qui a occupé l'essentiel des 541 jours de crise politique. A savoir cette 6è réforme de l'Etat.

Aucun parti francophone n'en voulait mais tous vont devoir à présent serrer les rangs pour faire passer ce premier paquet de réformes et permettre bon an mal an, essentiellement aux trois partis flamands du gouvernement, de sauver la face devant la N-VA, devenu le véritable rouleau compresseur du paysage politique flamand... et donc belge.

Mais pour l'instant, ce soutien francophone unanime aux partis flamands du gouvernement ne semble guère porter ses fruits.

C'est bien simple, selon notre dernier baromètre sur les intentions de vote, tous les partis qui participent à cette réforme voient les électeurs se détourner d'eux par rapport au scrutin de juin 2010. Tous.

Cela pourrait donc bien indiquer que cette réforme de l'Etat n'est pas vraiment ce qu'attend le citoyen. Et ce citoyen doit être finalement plus marqué par cette autre information récente qui indique que la Belgique sous le gouvernement Di Rupo a encore augmenté sa pression fiscale. Pour le Bureau du Plan, nous en sommes même à un record en la matière. Et ça, c'est du pain béni pour l'opposition. La N-VA en tête.

On a en effet un peu cette impression: dans la majorité, personne n'en parle mais tous ont les yeux rivés sur le parti nationaliste.

C'est ce qui peut par exemple expliquer une certaine grogne au sein du Parti Socialiste. Elio Di Rupo entend tellement à être au-dessus des parties, à  ménager ses alliés flamands, minoritaires au Nord du pays, que la voix socialiste est devenue presque inaudible.

Il paraît que la réforme de l'Etat, avec la symbolique scission de BHV votée avant les vacances parlementaires, doit permettre de sauver l'image des partis flamands gouvernementaux.

On l'a dit, on reste loin du compte! Très loin même.

 Les libéraux flamands ne représenteraient plus que 10% de l'électorat. La N-VA seule ferait mieux que les trois partis traditionnels. La crise est passée par là et désormais le discours de la N-VA s'est adapté. On ne parle plus de réforme de l'Etat ou de BHV mais de la Flandre qui doit payer beaucoup pour des Francophones qui ne veulent pas réformer le système économique.  Un discours qui risque de faire des ravages le 14 octobre prochain.

Philippe Walkowiak

Cette Chronique a été diffusée dans Matin-Première ce mardi 29 mai.

 

 

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