PS et N-VA, même pas en rêve ?

PS et N-VA, même pas en rêve ?
PS et N-VA, même pas en rêve ? - © Tous droits réservés

Tentons. Essayons. Imaginons un monde ou le PS et la N-VA gouverneraient la Belgique ensemble.

Certes, c’est difficile. Plus difficile que d’imaginer un supporter du Standard supporter Charleroi habillé en mauve, buvant un coca et avec en poche “Kritik der reinen Vernunft”, Critique de la raison pure de Kant en allemand.

Et pourtant ça à déjà failli arriver. PS et N-VA ont déjà négocié ensemble. C’était il y a 9 ans. C’était à Vollezelle, près de Ninove dans une grande villa isolée. C’était avant la crise des 541 jours, avant la sixième réforme de l’Etat, avant surtout l’aventure de la Suédoise. C’était l’une de ces réunions mythiques de la politique Belge où il se raconte que lors de la première tablée entre Bart de Wever et Elio Di Rupo, le président du PS, qui était venu chemise blanche ouverte, a tout d’un coup sorti, un nœud "pap" de sa poche. Il l’aurait alors noué à son cou en regardant fixement De Wever. À la manière de Rambo quand il noue d’un coup sec son bandeau rouge autour de la tête, pour toiser son adversaire. Au-delà de la légende et pour faire court ça ne s’est pas bien passé à Vollezelle. Bart de Wever a présenté une réforme de l’Etat pimentée à la sauce N-VA. Le pays est resté bloqué 541 jours et au bout on a eu droit une réforme de l’Etat un peu moins pimentée et Rambo est devenu Premier ministre.

Sur quoi sont-ils d’accord ?

Selon Paul Magnette, le PS et la N-VA ne sont d’accord sur rien. C’est un brin forcé. D’après ce qu’on sait, des quelques réunions qui ont déjà eu lieu, le PS et la N-VA seraient d’accord sur le bien-être animal. Plus sérieusement, des convergences se dessineraient autour d’une pension minimum à 1500 euros. Le PS n’obtiendrait pas le retour à 65 ans, mais obtiendrait une de ses revendications, qui est aussi celle de la FGTB et du PTB. La N-VA pourrait vivre avec ça parce qu’il se dit qu’elle a compris que le Belang a aussi gagné grâce au dossier des pensions.

Autre point de convergence possible, la baisse de la TVA sur l’électricité, la prolongation du nucléaire, le report de l’équilibre budgétaire. Une réforme de l’Etat ? C’est très improbable avec un PS qui à fait campagne contre le démembrement de l’Etat. D’ailleurs la N-VA elle-même ne remet pas le couvert.

Voilà, c’est à peu près tout, c’est très peu, et très conditionnel.

A côté la liste des désaccords est longue comme un jour sans pain. L’emploi, la SNCB, les services publics, la politique migratoire, les centres fermés pour les familles, le financement de la sécu, la fiscalité, les sujets éthiques…

Pressions extérieures

Comme souvent, ce sont les contraintes extérieures qui seront déterminantes. L’évolution de l’opinion publique en particulier. Pour l’instant on vit dans une relative attitude je m’enfoutiste. Pas de drapeaux belges aux fenêtres, pas de groupe Facebook appelant à des manifs pour l’unité du pays. Et l’on peut raisonnablement penser que ce désintérêt risque de durer. Par rapport à 2010 on semble s’habituer à la crise.

Deux autres contraintes vont peser. C’est d’abord et avant tout le Brexit. Surtout sur la N-VA car les entreprises flamandes sont en première ligne. Et le gouvernement en affaires courantes est trop faible pour agir. Ensuite c’est le financement de la Sécu. Actuellement les finances sont déséquilibrées, le gouvernement doit mettre du bois de rallonge. La sécu est donc fragilisée. Si rien n’est fait a long terme, le PS pourrait être déforcé dans son principal argument électoral : être le bouclier de la sécu.

Il y a donc des facteurs qui peuvent conduire à une entente. Vous pouvez même risquer d’être optimiste. Mais n’oubliez pas Bernanos. La seule différence entre un optimiste et un pessimiste, c’est que le premier est un imbécile heureux et que le second est un imbécile triste.







 

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