PS et N-VA face à l'abîme

PS et N-VA face à l’abîme
PS et N-VA face à l’abîme - © Tous droits réservés

302 jours après la démission du gouvernement Michel, 135 jours après les élections, on franchit un nouveau palier. Le PS et la N-VA vont maintenant prendre la barre des négociations fédérales. Pourtant, pour le PS en tous les cas, on ne peut pas encore parler de négociation.

Rassurez-vous en 2010 le Palais avait d’abord nommé un informateur (De Wever) puis un préformateur (Di Rupo), puis un duo de médiateurs (Flahaut-Pieters), puis un clarificateur (De Wever), puis un conciliateur (Vande Lanotte), un informateur (Reynders), un médiateur (Beke) et enfin un formateur (Di Rupo).

Et oui, on vient de loin. On vient des grandes profondeurs, des abysses dans lesquelles nous a plongés l’élection. Et quand on remonte des profondeurs, on respecte des paliers. Premier palier accepter de se mettre a la même table, PS et N-VA. Deuxième palier, l’éjection des verts. Ecolo a refusé d’y aller, Groen a été éconduit. Troisième palier attendre la fin des gouvernements régionaux. Quatrième palier, on y est, nommer un duo PS-NVA qui va préparer le terrain. Mais préparer le terrain pour quoi ? À ce stade on est encore tellement profond que la lumière ne perce toujours pas.

Un blocage du PS

La N-VA a de manière assez spectaculaire, fait évoluer sa position et dit aujourd’hui partout qu’elle veut négocier avec le PS. Elle ne demande même plus le confédéralisme. Mais faut-il les croire ? Tous les choix de Bart De Wever, depuis la décision de quitter le gouvernement fédéral en décembre jusqu’à la nomination de Théo Francken comme négociateur fédéral, semblent converger vers un repli stratégique en Flandre.

Du côté du PS, la sincérité manque aussi. Les positions ont évolué de manière parfois chaotique entre Elio Di Rupo et Paul Magnette. Lui, qui il y a quelques jours, disait qu’il n’y avait pas de veto contre la N-VA, mais qu’il n’était d’accord avec eux sur rien. Laurette Onkelinx qui n’y croit pas, mais qui va négocier quand même. Faut-il les croire ?

Tout se passe comme si, PS et N-VA devaient au moins se mettre d’accord sur le fait qu’ils ne sont pas d’accord afin d’arriver au palier suivant : la formation d’un gouvernement sans la N-VA, minoritaire en Flandre. Si on en croit le CD & V et le VLD c’est inimaginable. Faut-il les croire ? Si leurs positions n’évoluent pas non plus, il faudra sans doute replonger et retourner aux élections.

Retour aux urnes ?

Le retour aux urnes c’est pire que de replonger dans les abysses. Car les abysses c’est profond. Mais il y a un fond. Revoter c’est prendre le risque de plonger dans l’abîme. Au sens liturgique, l’abîme c’est la profondeur sans limite. Une profondeur où l’on trouve la parfaite obscurité de dieu. Le principe de toute chose. En plongeant on prend le risque de trouver la vérité. Nous sommes peut-être devenus trop différents pour encore nous entendre ? Voilà l’abîme qui s’ouvre devant le PS et la N-VA.



 

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